Albert Bardol est un des derniers « indiens ». Né au Touquet en juillet 1929, il y a passé quasiment toute sa vie.
Depuis 1991, avec son épouse Yvette, il coule des jours heureux à Capelle Saint-Josse.
Père de six garçons et une fille (Yves, Jacques, Frédéric, Marc, Pierre, Anne et Laurent), Albert Bardol a depuis son plus jeune âge été passionné par la mécanique aéronautique. C'est donc tout naturellement, qu'il choisit d'en faire son métier. De 1947 à 1951, il s'engage dans la Marine. Une période encore fortement présente dans sa mémoire : « On travaillait sur des avions ou hydravions comme des « Dornier », des avions allemands tri-moteurs récupérés après la guerre ».
« J'ai toujours
été manuel » De retour au Touquet, il est embauché comme mécanicien à l'aéroport de la station, où il deviendra contre maître. Il quittera ses fonctions en 1987.
C'est en 1953, qu'il fait la connaissance d'Yvette. Si à l'époque elle habite Cucq, elle est en fait originaire du bassin minier. « Mon père, qui travaillait pour le génie civil, est venu sur la Côte d'Opale pour participer à la construction du pont d'Étaples et du Phare du Touquet ». Ils ont aujourd'hui 14 petits enfants, et 3 arrières petits enfants. Une vie heureuse, axée autour du bonheur familial. Le couple garde encore en mémoire, quand « les enfants du Touquet et d'Étaples avaient le droit à des cours de natation gratuits à la piscine marine du Touquet. Elle était magnifique, on aurait dû la garder », dit Yvette. Albert, de son côté, également passionné de football, donnera plus de 20 ans de son temps comme bénévole au sein du TAC : « Je conduisais les équipes tous les week-ends », dit-il.
Lorsque l'heure de la retraite sonne, Albert cherche comme tout le monde à occuper son temps libre. Il garde bien sûr le goût pour la mécanique. Mais quelques ennuis de santé (il est sous oxygène 24 sur 24) l'empêchent de se déplacer comme il le souhaite. Il y a 6 ans, il décide de plonger dans le monde fascinant de la miniature. « J'ai toujours été très manuel avec, toute modestie gardée, une certaine dextérité ». C'est un souvenir d'enfance qui lui a donné le déclic : « Quand j'habitais au Touquet chez mes parents au 12, rue d'Amiens, nos voisins étaient des pêcheurs originaires d'Étaples. Leurs trois enfants, nous ont un jour offert un bateau de pêche en bois entièrement sculpté au couteau. Une merveille ! ». Il ajoute : « C'était un bon moyen de continuer à vivre ma passion pour la mécanique ».
Perceuse, scie, etc.
Dans la salle à manger, Albert installe petit à petit son atelier. On y trouve une scie à chantourner, une perceuse, une scie, un établi. Dans une armoire, où on imagine des verres ou un service à vaisselle, Albert y range tout simplement toutes les pièces nécessaires à la construction de ses répliques : bateaux de pêche, train, ferme, crèche, oiseaux, phare du Touquet, moulins à vent, puits, etc. « J'ai récupéré des plans et je travaille sur cette base », dit Albert. S'il utilise en grande majorité du balsa, il ne manque pas d'idées : cure-dents, cagettes, fil de cuivre. « Tout ce qui me passe par la tête en fait », dit Albert. Et le résultat est bluffant. D'ailleurs on se demande comment Albert arrive à manipuler des pièces minuscules au regard de ses mains particulièrement impressionnantes. Pour un peu, Albert se croirait dans le garage de l'aéroport du Touquet. Il ajoute : « Je reconnais que ça fait de la poussière. Ma femme râle d'ailleurs, mais elle m'encourage tout le temps. » Yvette sourit et lui lance un regard affectueux qui en dit long sur leur complicité...
Mathieu VERGOIN
« Petit, j'ai reçu en cadeau d'un voisin un bateau en bois sculpté au couteau. Je l'ai toujours gardé en mémoire et c'est ce qui m'a décidé de me lancer dans la miniature »
Journal de Montreuil
Du côté des forums