Près de 3 300 nouveaux cas et 1 000 décès chaque année en France . Le Pr Philippe Descamps , gynécologue et chef de service au CHU d'Angers, connaît (trop) bien le cancer du col de l'utérus.
Et ces chiffres lui paraissent d'autant moins supportables que les vaccins disponibles, associés au frottis vaginal « sont une vraie chance pour prévenir l'apparition de ce cancer qui touche la femme jeune ».
Le cancer du col de l'utérus est dû à des papillomavirus humains, les HPV. Il en existe plus d'une quarantaine de types différents, mais 18 sont considérés à haut risque oncogène. « Les plus agressifs sont les types 16, 18, 31, 33 et 45. Ils sont responsables de 80% des cas de cancer du col de l'utérus en Europe », explique le Pr Descamps.
Aujourd'hui, deux vaccins permettent de protéger contre ces infections. « Le premier dit bivalent (Cervarix®, n.d.l.r.), agit contre les HPV 16 et 18. Quant au second (Gardasil®, n.d.l.r.), dit quadrivalent, il protège en plus contre deux sérotypes (6 et 11) responsables des verrues génitales et des condylomes acuminées. » Pourtant des données nouvelles indiqueraient que le premier vaccin protégerait également contre d'autres virus HPV oncogènes.
Quelle efficacité ?
« Menée auprès de 18 644 jeunes filles et jeunes femmes de 15 à 25 ans, l'étude PATRICIA (pour PApilloma TRIal Cervical cancer In young Adults n.d.l.r.) a permis d'apprécier pendant 3 ans l'efficacité du vaccin bivalent. Nous avons évalué les lésions cancéreuses et précancéreuses du col de l'utérus, et l'efficacité du vaccin contre les virus HPV 16 et 18 a été estimée à 92% », souligne Philippe Descamps.
« Nous nous sommes également rendus compte qu'il y avait une protection croisée contre les HPV 31, 33 et 45 qui eux aussi sont oncogènes. Quel que soit le type d'HPV contenu dans les lésions cancéreuses, nous parvenons à 70% d'efficacité avec ce vaccin ». D'ailleurs au mois de juin 2010, l'Agence européenne du Médicament (EMEA) a étendu les indications du vaccin bivalent Cervarix® à ces trois autres sérotypes : 31, 33 et 45.
« Après la publication de ces résultats, le Haut Conseil de la Santé publique (HCSP) a modifié ses recommandations ». Dans un avis du 17 décembre 2010 , ses membres ont en effet estimé « qu'il n y avait plus lieu de recommander de façon préférentielle l'un des deux vaccins », par rapport à l'autre.
Journal de Montreuil
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