Articles des dossiers

L'activité reprend peu à peu ses droits à la Clinique Côte d'Opale

La solidarité des grévistes a payé

mercredi 07.07.2010, 14:00
Le personnel soignant a repris le travail. Ouf de soulagement pour tout le monde... Le personnel soignant a repris le travail. Ouf de soulagement pour tout le monde...

Après dix jours d'un mouvement très dur, le personnel soignant, féminin à 98 %, a repris le travail. Grâce à l'intervention
du médiateur, salariés et direction ont trouvé un accord. Le personnel soignant, qui était gréviste à 90 %, se déc

Fabienne, Chantal, Jean-Marie et tous les autres ont retrouvé le sourire. « Oui, nous sommes soulagées et contentes. Soulagées d'avoir repris le travail ; contentes aussi de l'issue des négociations.

Nous avons gagné ! », clame haut et fort Fabienne.
En fin de semaine dernière pourtant, les négociations étaient au point mort. Vendredi matin, le directeur de la clinique, Olivier Verriez, avait subitement claqué la porte des négociations.
Un geste qui a eu pour effet de resserrer encore les rangs parmi les grévistes (ndlr : rappelons qu'environ 90 % du personnel soignant, infirmières, aides soignantes, agents des services hospitaliers et brancardiers, était en grève). Réfugié dans son bureau en compagnie de son staff, le directeur se retrouvait, un temps, coincé. Les grévistes occupaient le couloir menant audit bureau, l'empêchant de sortir. Une présence policière - discrète - était présente sur les lieux, pour éviter tout débordement.
En urgence, une réunion était organisée en sous-préfecture, à laquelle participaient Daniel Rouhier, des représentants syndicaux ainsi que les maires de Boulogne et Saint-Martin. La délégation faisait pression sur la direction de la clinique pour revenir à la table des négociations.
Finalement, devant l'absence de dialogue, les parties convenaient de nommer un médiateur, via l'inspection du travail. Elles se rencontraient dès le lendemain, samedi matin, toujours en sous-préfecture, ayant préféré un lieu neutre plutôt que celui de la clinique.

4 % de hausse
Tandis que les infirmières plaidaient leur cause sur le marché de la Place Dalton, d'âpres négociations commençaient entre direction et représentants du personnel. Après 4 heures de discussion, un accord s'est peu à peu dessiné.
« Nous tablions sur une hausse des salaires de 5 %, la direction était seulement d'accord pour 3, indique Stéphane Boulanghien (CFDT). Nous avons coupé la poire en deux. » 4 % d'augmentation, donc. 3 tout de suite, 0.5 % en juillet 2011 et 0.5 en 2012 mais, pour cette dernière hausse, seulement si le chiffre d'affaire de la clinique est à hausse de 2 % par rapport à l'exercice 2011.
Outre la fiche de paye, Olivier Verriez a accepté l'embauche de 8 infirmières supplémentaires. 6 ont déjà été recrutées. En réalité, elles étaient déjà en poste, mais en CDD.
Enfin, le directeur s'est engagé à réaliser un audit, à la rentrée prochaine, sur les conditions de travail dans son établissement.
Les dix jours de grèves ne seront, logiquement, pas payés. Mais l'employeur se serait engagé à lisser la perte sur 4 mois. Dans le même esprit, pour les salariés qui seraient en grande difficulté financière suite au mouvement de grève, le directeur aurait accepté le principe d'avances sur salaire.
Des avancées qui, selon les personnels soignants, ont été rendues possibles par la grande solidarité dont ils ont fait preuve au cours du mouvement. « A 98 %, le personnel gréviste était féminin. Je pense que M. Verriez a parié sur le pourrissement de la grève. Mais nous n'avons jamais craqué. Au contraire, nous avons montré une grande solidarité. Je tiens aussi à dire que les Boulonnais nous ont apporté leur soutien. Un soutien moral et même, pour certains, un soutien financier. »
Stéphane DANGER
Contactée, la direction n'a pas souhaité communiquer sur la fin du mouvement.



Journal de Montreuil


Vos réactions

Pour réagir à cet article :

  • introduisez votre nom d'utilisateur
  • rédigez votre commentaire
  • postez