La ministre de la Santé Roselyne Bachelot prépare avec des professionnels, des élus et des représentants des malades, des «états généraux» devant contribuer, notamment en matière de médecine libérale, à l'élaboration d'ici l'été d'un projet de loi sur le système de santé.
Jugées
«positives» par des jeunes médecins, ces rencontres laissent sceptique le principal syndicat de praticiens libéraux, la CSMF - qui les qualifie de
«palabres interminables qui augurent mal du résultat» - tandis que les représentants des patients regrettent l'absence d'un
«véritable débat public».
«Copilotés» par le président de l'Observatoire national des professions de santé (ONPS), Yvon Berland, et la directrice de l'hospitalisation du ministère, Annie Podeur, ces travaux se déroulent parallèlement à trois missions consacrées respectivement à l'hôpital, les inégalités territoriales en matière de santé et la création d'Agences régionales de santé (ARS).
Une
«séance plénière» au cours de laquelle sera présentée une
«première synthèse» doit avoir lieu le 8 février - deux jours après une réunion organisée par Nicolas Sarkozy avec patronat et syndicats pour préciser l'
«agenda» des réformes dans la protection sociale - alors que des
«conclusions définitives» sont attendues en avril.
Selon Mme Podeur et M. Berland, les réunions du
«groupe permanent», dont ils soulignent
«l'ambiance excellente» , ont permis d'
«identifier trois axes» de réforme: la
«formation médicale initiale», «l'accompagnement de l'installation» des professionnels de santé et les
«modes d'exercice et la rémunération». Pour le président du SNJMG, un syndicat de jeunes médecins généralistes, Fabien Quédeville, ces rencontres, qu'il qualifie de
«positives» , pourraient favoriser une meilleure organisation du système de santé autour du généraliste, qui en deviendrait le véritable
«pivot» et pas uniquement un passage obligé pour consulter un spécialiste.
Quant aux modes de rémunération, il estime que le
«paiement à l'acte médical» pourrait être partiellement remplacé par des paiements forfaitaires, une proposition abordée au cours des réunions qui semble recueillir l'approbation de plusieurs participants.
«En plus, le paiement à l'acte est inflationniste» car il peut pousser le praticien à multiplier le nombre d'actes pour augmenter sa rémunération sans que ce soit absolument nécessaire, a précisé M. Quédeville à l'AFP.
Représentant des malades, le président de l'Association française des diabétiques (AFD), Gérard Raymond, juge aussi
«intéressant» de «
reparler de la rémunération du médecin» ou d'autres sujets abordés au cours de ces réunions.
Cependant, il estime qu'il faudrait de
«vrais états généraux» avec
«un véritable débat public». «On peut espérer que le champ s'ouvrira» après le 8 février et qu
'«en deux ou trois mois - mais cela nous paraît assez court pour une réforme de notre système de santé - il y ait un embryon de débat», a-t-il déclaré à l'AFP.
De son côté, le président de la CSMF, Michel Chassang, estime qu'au cours des rencontres, il y a
«beaucoup de choses qui sont redites, ce sont des lieux communs répétés en permanence». «On est dans des débats sans fin», a-t-il dit à l'AFP.
«Je me demande où va être le point d'atterrissage. Parce que, in fine, la demande des professionnels c'est de garder la liberté d'installation et de mieux rémunérer les médecins généralistes», a-t-il affirmé. Or,
«avec quel argent on va pouvoir revaloriser ?», a-t-il ajouté.
Journal de Montreuil
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