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Expositions

Dans les coulisses de l'exposition "De l'invisible au visible, Trésors sacrés du littoral"

Redécouvrir l'art du sacré

mercredi 14.01.2009, 14:00
Les premiers objets sont arrivés lundi. Une grande partie vient de Boulogne. Les premiers objets sont arrivés lundi. Une grande partie vient de Boulogne.

Quand le cultuel rejoint le culturel, c'est l'idée de l'exposition "De l'invisible au visible. Trésors sacrés du Littoral ".

Organisée conjointement par le Conseil Général du Pas-de-Calais et la Ville de Boulogne, elle ouvrira ses portes le 31 janvier prochain au château-musée de Boulogne et se terminera le 18 mai. Elle présentera au public quelque 95 objets que les communes et paroisses de 43 communes de la région ont bien voulu prêter. « Les objets viennent de tout le littoral, des arrondissements de Calais, de Boulogne et de Montreuil ». Des objets qui font partie de notre patrimoine religieux. Ce sont des peintures, des sculptures, des textiles, des orfèvreries, etc. « Tous ces objets sont répertoriés comme patrimoine historique, explique Marc Verdure, commissaire de l'exposition et conservateur du patrimoine pour le Conseil général. Le premier travail a été d'en faire une sélection, puis de donner du sens à ce corpus réuni. L'idée est de présenter les trésors, donc le meilleur, sans tomber dans le simple catalogue ». Les plus anciens remontent au VIIème siècle, jusqu'à la seconde guerre mondiale. Les XVI et XVIIème siècle sont les plus représentés.
On entre maintenant dans la phase concrète de l'exposition. Déjà, le château-musée est en ébullition. « Il y a un mois de préparation, autant de préparation que pour l'exposition Mariette, révèle Eneline Chartier qui est aussi commissaire de l'exposition. Lundi, en même temps qu'Anne-Marie Geffroy et Bluenn Boulanger qui sont restauratrices du patrimoine, les premiers objets sont arrivés au château-musée. « Une grande partie viennent de Boulogne, parce qu'historiquement, c'est ici que l'on envoyait les objets considérés comme en danger, de vol ou de dégradation », explique Marc Verdure. En tout premier lieu, un constat d'état est établi. « Même si on connaît chaque objet par photo, c'est important de faire le point sur l'état de santé de l'objet  », indique Eneline Chartier qui scrute chaque objet.
Le regard des conservatrices est immédiatement attiré par une majestueuse représentation de Notre-Dame de Boulogne en argent. Elles posent aussi leur regard sur un calice dont l'argent a été terni d'une façon toute particulière par le temps. Pendant une quinzaine de jours, elles travailleront sur les objets qui ont besoin d'une petite cure de jouvence. « Il s'agit surtout d'établir un constat d'état, beaucoup de nettoyage, mais aussi un diagnostic et de donner quelques préconisations aux propriétaires des objets », expliquent-elles.
Si tous les objets fascinent tant par leur richesse que par l'aspect spirituel qu'on leur confère, ils sont aussi chargés d'histoire, porteurs d'une culture forte. Et si l'on devait déterminer une "tête d'affiche" parmi les objets qui seront présentés, ce serait peut-être bien ce reliquaire du sang du Christ. «  Il se dit que la relique a été envoyée par Godefroy de Bouillon après la prise de Jérusalem en1099, raconte Marc Verdure. Quant au reliquaire en lui-même, il aurait été réalisé par Guillaume Julien, l'orfèvre du roi de France Philippe Le Bel qui l'aurait offert à Notre-Dame de Boulogne. Il semble que ce soit le seul exemplaire de cet orfèvre-là en France et de cette technique-là. En effet, il est fait d'émail translucide, avec de petits filaments en or, avec des parties opaques compartimentées. Les autres objets de ce genre sont des importations d'Italie ». Lui aussi devrait révéler toute sa brillance après l'intervention des conservatrices.
Dans les salles qui accueilleront l'exposition, c'est aussi le branle-bas de combat. L'aménagement de l'espace a déjà été pensé. Reste à rendre toute la conception bien concrète. Un chantier d'envergure qui va durer tout le mois de janvier.

Florence PÉCRIAUX

Journal de Montreuil


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