Le Cerle Côte d'Opale Synergie va lancer une newsletter pour que le métro transmanche deviennent une réalité en 2012. Rencontre avec Thierry Degraeve, vice-président de cette association, et Thaddée Ségard, investit de longue date dans ce combat.
Quel est le but de cette newsletter ?
Thierry Degraeve : « L'idée avec la newsletter est de maintenir la pression. Il y a eu un défi de lancé, une promesse de Daniel Percheron, le président du Conseil régional, pour qui le métro transmanche est indispensable et réalisable pour les Jeux Olympiques de Londres en 2012. Nous souhaitons que cela se réalise et d'avoir, en tant que citoyen, le droit de suivre ce qui est dit par les politiques. » Cette newsletter fait suite au débat que vous avez organisé
en mai dernier sur l'avenir de la gare de Calais-Fréthun ?
« Tout le monde a reconnu au débat public l'intérêt du métro transmanche. Il n'y a eu aucune voix contre. Ça vaut le coup que l'on mette de l'énergie et de notre temps pour maintenir l'espoir. » 2012, c'est déjà l'an prochain... Thierry Degraeve : « Notre rôle est de reprendre ses propos et de s'assurer de leur réalisation. Nous ne sommes pas des méchants lobbyistes. Nous sommes des enthousiastes. On essaie de communiquer notre enthousiasme et la pensée positive. Percheron dit qu'il n'y a pas d'obstacles et que c'est réalisable pour 2012. Nous y croyons. Le tunnel existe déjà, il est libre à 43 % de ses possibilités. Eurotunnel y est favorable. C'est juste aujourd'hui une question de tarification. Le matériel roulant existe et est disponible avec un minimum d'aménagement. Après c'est une question de volonté politique. Il n'y a aucun problème technique. Quand on nous dit qu'il y a des problèmes financiers, pour nous quand il y a la volonté politique, on trouve les moyens de le faire. On veut dire qui s'en occupe, qui bouge, qui agit. On revendique à notre petit niveau le droit à interpeller.
» Thaddée Ségard : « On est là pour donner un autre angle de vue. Le métro transmanche, c'est un outil pour permettre le développement de la Côte d'Opale. Il ne faut pas louper la fenêtre médiatique des JO. Ça serait malheureux de ne pas le mettre en place pour cette occasion alors que les télés du monde entier seront tournées vers l'Angleterre. Le monde peut réaliser que Calais n'est qu'à 30 kilomètres de Douvres.
L'Angleterre est proche, il ne suffit que de 35 minutes. » Comment imaginez-vous ce métro ?
Thierry Degraeve : « Ça ne peut se faire que si des liaisons cadencés sont mises en place, idéalement un train toutes les demi-heures qui part de Calais-Frethun et qui fassent la jonction à Ashford avec le train pour Londres. » Quel est l'intérêt de ce métro transmanche ?
Thaddée Ségard : « Aux habitants d'en faire un outil de développement économique et de création de richesses. Les entreprises pourraient améliorer leur approvisionnement et doubler leur marché. L'axe Londres-Lille-Bruxelles-Amsterdam-Cologne est l'axe le plus riche du monde. Pour l'instant, on voit passer les trains. La Côte d'Opale a droit à sa part. » Une étude faite en 2008 démontre que 30 000 Britanniques seraient susceptibles de s'installer sur la Côte d'Opale si une liaison existaient. Il y a une rentabilité pour ce créneau. La mobilité, c'est de l'emploi, de l'aménagement du territoire, de la richesse. Par exemple, le pont qui relie aujourd'hui Copenhague, au Danemark, et Malmö, en Suède. Ce sont deux pays, avec deux langues différentes, deux cultures différentes. Le pont a été construit pour relier les deux. Aujourd'hui, 16 000 personnes l'empruntent quotidiennement. » Mais il faut que le prix soit raisonnable pour permettre des déplacements quotidiens aux travailleurs, hors le tunnel n'est pas réputé pour ses prix accessible à tous... Thaddée Ségard : « Un chômeur coûte plus de 12 000 euros par an à la collectivité. Si cette dernière mettait une partie de cet argent en aidant les commuters, ce serait un vecteur d'attraction pour la Côte d'Opale. Selon l'Insee, cinq nouveaux arrivants génère un emploi. Les chômeurs de Calais profiteront de ce développement économique. Ça créerait un cercle vertueux d'une économie qui se développe et qui donne du travail aux chômeurs que l'on n'arrivait pas jusqu'à présent à reclasser. En dix ans, nous pourrions récupérer notre retard économique. Tous les ingrédients sont là. Il n'y a qu'à faire circuler les gens et leur donner la possibilité de le faire. » Thierry Degraeve : « Il faut de l'enthousiasme. Personnellement, nous n'avons rien à gagner, ça nous prend du temps. Mais il nous semble important de prendre cette problématique par la main. Il y a tellement d'avantage à mettre en valeur la Côte d'Opale. La région a besoin d'une attractivité nouvelle. Le Pas-de-Calais n'est pas une voie de garage. Ça serait super de se lever le matin en se disant : "pourquoi pas passer l'après-midi à Londres ?", sans avoir besoin de réserver son billet ou de payer très cher. » Vous avez lancé le numéro 0 de cette newsletter, quelle sera sa fréquence, comment allez-vous la faire vivre ?
Thierry Degraeve : « Le numéro 0 de la newsletter a été lancé le 20 juillet. Nous avons déjà eu quelques retours positifs et des contacts.
Nous ne sommes plus pris pour des rêveurs comme il y a quatre ans. C'est désormais une évidence. on nous l'a dit : il n'y a rien eu depuis l'A16.
Imaginer la Côte d'Opale sans A16, ce n'est plus imaginable aujourd'hui. Dans notre newsletter, qui devrait sortir tous les quinze jours, nous voulons expliquer les arguments, les enjeux, où nous en sommes aujourd'hui. Créer un mouvement d'opinion positive, recueillir des témoignages d'entreprises, de particuliers pour recueillir les attentes des gens, ce que ça leur apporterait. » Thaddée Ségard : « Dans le traité de Canterbury, signé par Thatcher et Mitterand pour creuser le tunnel, il était préciser un engagement d'un développement économique harmonieux des deux rives de la Manche, rien n'a été fait ni en France, ni en Angleterre. Une fois que le métro sera sur les rails, il faudra réfléchir à une maison transfrontalière, pour prendre les gens qui arrivent en main et leur faciliter les démarches. »
Propos recueillis
par Claire Duhar
Journal de Montreuil
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