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Kent et Pas-de-Calais côtes à côtes

Les tunnels de guerre du château ont été rénovés et retracent l'évacuation de Dunkerque

Exposition sur l'opération Dynamo à Douvres

jeudi 23.06.2011, 06:00
Les visiteurs peuvent visiter les tunnels creusés sous le chateau de Douvres. Les visiteurs peuvent visiter les tunnels creusés sous le chateau de Douvres.

C'est à une plongée de 70 ans en arrière et de 30 mètres sous terre qu'est emmené le visiteur dans les tunnels creusés sous le château de Douvres.

A l'endroit même où fut organisée et gérée l'opération Dynamo entre le 26 mai et 4 juin 1940 (lire ci-dessous).
Passée la porte d'accès au tunnel, on s'enfonce sous terre dans la pénombre. Rapidement, on perd toute notion de temps et de lieu. Les tunnels, d'environ un kilomètre de long, stratégiquement situés face à la Manche, abritent de nouveau des salles de commandement de l'armée britannique, la station relais qui émettait des messages factices pour les Allemands, la salle des opérations de canon, chargé de suivre la trajectoire des avions ennemis , ou encore un hôpital militaire et des dortoirs, où pouvaient s'entasser plusieurs milliers de soldats.
Le projet de ce nouvel espace d'exposition est né l'an dernier, lors du 70e anniversaire de l'opération Dynamo. De nombreux vétérans sont à Douvres. « On a saisi l'occasion pour recueillir leur témoignage et approfondir nos recherches sur cet événement », explique Kath Allen, d'English Heritage. Le but : « amener le visiteur sur la plage de Dunkerque, au milieu des soldats, remettre dans l'atmosphère de l'époque et faire ressentir l'espoir de survie, l'attente, les combats. » Pour cela, il a fallu retrouver du matériel de l'époque, rechercher des films et créer une grande fresque vidéo mi-historique mi-imaginaire pour amener le public à se croire tantôt sur la plage de Dunkerque, tantôt dans l'activité frénétique de la salle de commandement à Douvres, tout en mettant les événements en perspective avec ce qui se passait en Europe et en saisissant les enjeux et les forces en présence.
Tout au long de la visite de 45 minutes, les tunnels résonnent de nouveau du survol des bombardiers allemands, bruissent du grésillement des communications radio de l'armée britannique et sentent toujours l'humidité. « Avec ces bruits et odeurs, vous ressentez vraiment à quoi ressemblait la vie ici » pendant la Seconde guerre mondiale, assure Richard Sheen, un Britannique affecté en 1939 dans ces souterrains.
Quand le conflit a éclaté, « l'une des inquiétudes était les bombardements aériens. Être à 26 mètres de profondeur était donc un bon choix pour y installer (...) des quartiers généraux de la marine et de l'armée », explique l'historien Paul Pattison.
Pendant l'opération Dynamo, nom de code de l'évacuation de Dunkerque, « notre boulot était de protéger les bateaux qui ramenaient les soldats », se rappelle Richard, 92 ans, arborant fièrement cinq médailles sur son costume. Grâce notamment aux radars, « on pouvait repérer les avions ennemis dans la zone. On passait l'information » au commandement qui donnait l'ordre de tir.
Mais rapidement l'armée britannique manque d'embarcations pour faire le va-et-vient entre les eaux peu profondes des plages françaises et les bâtiments au large. Un appel est lancé à tous les propriétaires britanniques de bateaux de pêche, de navires de plaisance, de remorqueurs.
« Un matin, j'ai entendu du bruit dans le port. Il était littéralement rempli de petits bateaux, avec des vieux et des jeunes prêts à risquer leur vie » pour évacuer les soldats bloqués en France, se souvient Richard Sheen, l'oeil pétillant et la voix fluette. « C'était épique. C'est resté gravé dans ma mémoire. C'était terrible de voir une armée revenir vaincue. C'était une défaite », raconte-t-il. Et puis le Premier ministre britannique Winston Churchill « a dit "Nous ne nous rendrons pas" et il a redonné courage au pays ».
Les historiens estiment que le sauvetage de l'armée britannique a probablement évité au Royaume-Uni d'être envahi.
En réaménageant les tunnels de Douvres, creusés pendant les guerres napoléoniennes à la fin du XVIIIe siècle pour en faire des baraques militaires, la Grande-Bretagne a voulu combler un vide côté anglais. « Le seul endroit où on pouvait vraiment entendre parler de l'opération Dynamo était Dunkerque », selon Paul Pattison.
Le prochain projet est de réaménager un autre réseau de tunnels, creusés dans ces mêmes falaises de Douvres au pied du château médiéval, mais à une cinquantaine de mètres de profondeur. Ils ont servi d'abri nucléaire au commandement de l'armée pendant la guerre froide. Mais la tâche s'annonce longue, beaucoup de documents étant encore classés.



Journal de Montreuil



338 000 soldats sauvés en 10 jours en 1940

Opération Dynamo. C'est le nom de code donné à la bataille de Dunkerque qui s'est déroulée du 25 mai au 3 juin 1940.
Bousculées par la Blitzkrieg engagée par l'armée allemande lors de la bataille de France, l'armée britannique ainsi que des unités de l'armée française ont dû battre en retraite vers le nord de la France.
Encerclées à Dunkerque, elles ont mené une résistance héroïque et désespérée, en particulier la 12e division d'infanterie motorisée à partir du Fort des Dunes, destinée à gagner un laps de temps nécessaire à l'embarquement du gros des troupes vers le Royaume-Uni, aidées par l'indécision d'Adolf Hitler qui donna un ordre d'arrêt des armées allemandes devant Dunkerque. L'évacuation s'est opérée à l'aide de tous les navires que la Royal Navy put réquisitionner pour traverser la Manche, tandis que la RAF luttait dans le ciel pour couvrir l'opération. Les troupes et le matériel n'ayant pas pu être embarqués ont été capturés par la Wehrmacht, mais la réussite du sauvetage du gros des troupes a peut-être sauvé le Royaume-Uni d'une invasion à laquelle il aurait difficilement résisté.
Les Anglais s'attendaient à évacuer 50 000 à 70 000 hommes, ce sera finalement six fois plus. Entre le 26 mai et le 4  juin 1940, ce sont ainsi 338 000 soldats essentiellement britanniques et français qui ont pu rallier l'Angleterre. Mais cette évacuation a été payée au prix fort : sur les 693 bateaux britanniques qui ont pris part à l'évacuation, 188 ont été coulés, ainsi que huit ferries, un bateau hôpital, six destroyers... Source : Wikipédia et ville de Dunkerque


Le rôle du vice-amiral Ramsay

L'opération Dynamo est l'oeuvre de la vision d'un amiral : l'amiral Bertram Home Ramsay. Né en 1883, c'est à 15 ans qu'il rejoint les rangs de la marine anglaise et gravit progressivement les échelons. Il s'illustrera pendant la Première guerre mondiale avant de prendre sa retraite en octobre 1938. Il sera rappelé en août 1939 pour prendre la tête du poste de commandement de la Royal Navy à Douvres.
A son arrivée, il écrit à sa femme : « Nous sommes étranglés par les difficultés d'essayer de nous mettre en place à la base navale et dans le même temps, d'opérer comme si nous étions déjà installés. Nous n'avons ni fournitures,ni livres, ni dactylographes ou machines à écrire, que quelques chaises, encore moins de tables, un système de communications exaspérant et rien que des officiers à la retraite et des bénévoles... » Rapidement, Ramsay organise la base et organisera l'évacuation de la poche de Dunkerque en moins d'une semaine. En juillet 1942, il sera promu amiral et participera aux combats en Afrique du Nord puis en Sicile. Il joua un grand rôle dans la préparation du débarquement. Il trouva la mort le 2 janvier 1945 dans le crash de son avion, à Toussus-le-Noble.


Pratique

Le château de Douvres est ouvert tous les jours de 10 h à 18 h. Prix : 16 £ pour un adulte, 9,60 £ pour les enfants et 41,60£ pour le billet familial.Parking gratuit.
www.english-heritage.org.uk/daysout/properties/dover-castle Comptez la journée pour tout visiter.


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