Vendredi 18 juin, les motards aussi avaient un appel à lancer. Alors que les officiels s'étaient donné rendez-vous place Foch pour commémorer les 70 ans de l'appel du 18 juin du général de Gaulle, les motards en colère se sont réunis devant la préfecture pour faire part de leurs différentes revendications.
Une délégation devait être reçue en préfecture pour mieux défendre les conducteurs de deux roues sur les routes.
Et les revendications sont nombreuses. D'abord, les motards souhaiteraient qu'enfin la circulation inter-files soit autorisée. Lors de bouchons, les motards remontent souvent les files en passant par la droite ou entre les voitures. Si cette pratique est tolérée, elle n'en est pas, pour autant, légale. « Aujourd'hui, des motards se font verbaliser régulièrement et nous trouvons cela assez injuste », lâchaient les motards devant la préfecture d'Arras.
Les motards refusent aussi l'instauration d'un contrôle technique pour les deux-roues motorisés. Une décision prise par le gouvernement pour lutter contre les pratiques de débridage. Pour les motards en colère, ce contrôle n'est pas une solution. Ils préfèrent l'idée de renforcer la formation à la sécurité routière en milieu scolaire, d'améliorer les conditions d'apprentissage à la conduite et la responsabilisation des conducteurs.
Des mesures
en septembre Enfin, les motards aimeraient voir une baisse de la TVA sur tous les équipements motos. Aujourd'hui, les équipementiers ont fait des efforts pour améliorer la sécurité des motards. Mais chaque produit, c'est une dépense pesante pour le motard. Un casque coûte entre 100 et 700 euros, un bon blouson environ 350 euros, sans oublier les gants et les bottes.
Après une heure de discussion dans le bureau du directeur de cabinet, les motards en colère du Pas-de-Calais ont obtenu quelques assurances. « On nous a dit des choses que l'on savait déjà. La TVA à 5,5 % et la circulation inter-file devraient être votée au mois de septembre. Mais on se demande pourquoi il faut attendre tout l'été », poursuivait Philippe Warchol, secrétaire de l'association départementale des motards en colère.
En préfecture, la discussion a aussi été assez vive. Depuis le début de l'année 2010, 26 motards sont décédés sur les routes du département, un chiffre inquiétant et une situation que la préfecture souhaite enrayer dans les mois à venir. « Nous comprenons bien les enjeux mais nous voulons aussi connaître les circonstances de ces différents accidents. Ce n'est pas toujours les motards qui sont en cause », précise Philippe Warchol. Les motards en colère sont invités à participer à une commission sécurité à la fin du mois de juin.
C.S.
Journal de Montreuil