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Gravelines

Bilan et perspectives de la centrale nucléaire de Gravelines

Entre performances et investissements

dimanche 22.01.2012, 06:00
Sans l'arrêt prolongé du réacteur n°1, la centrale nucléaire de Gravelines aurait probablement battu son record historique de production en 2011. Sans l'arrêt prolongé du réacteur n°1, la centrale nucléaire de Gravelines aurait probablement battu son record historique de production en 2011.

Plus que jamais, la centrale nucléaire de Gravelines veut devenir un point d'ancrage dans le territoire, dixit le directeur du site. A l'heure où le nucléaire défraie les chroniques, à l'heure où de nouvelles mesures sont prises en matière de sécurité, c'est l'heure du bilan et des perspectives à Gravelines.


L'actualité, il faut la gérer. Pas de tout repos en 2011, en pleine catastrophe japonaise à Fukushima. Et pourtant, quand il faut dresser le bilan de l'année écoulée, Jean-Michel Quilichini affiche un visage fier. Fier du rendement de sa centrale. La plus grande d'Europe. A deux doigts de battre son record de production d'énergie. Si seulement le réacteur n°1 n'avait pas été arrêté...
Un peu de sûreté, mais beaucoup de sécurité. Le premier thème sera évoqué en long, en large et en travers lors de la prochaine réunion de Commission locale d'information, début février. Le second affiche des résultats « globalement satisfaisants », notamment en termes de performances. Avec, par exemple, un seul arrêt déploré en 2011 sur les six réacteurs qui composent la centrale gravelinoise : « C'est une performance excellente sur le plan international. La sûreté nucléaire est la priorité du site. » Propos confirmés par la réduction du nombre de départs de feu. Ou encore par cette évaluation nationale sur l'état des installations nordistes « en nette progression » ; en effet, avec une note de 2,5/7, le plan de rigueur d'exploitation mis en place en 2007 a porté ses fruits : « On a beaucoup investi ». En 2006, la note s'élevait à 6,5 (1/7 est la meilleure considération). Pas de doute, l'état des installations est en nette amélioration. Des moyens financiers considérables ont été nécessaires avec plus de 60 millions d'euros investis sur ces cinq dernières années (11 millions en 2011).
Le bon bilan inclut également la radioprotection. Dans ce domaine, aucun « élément significatif n'est à déplorer. Il n'y a pas d'écart malgré la volumétrie des activités réalisées ». Des points noirs sont toutefois à recensés, comme le décès en juin dernier d'un salarié prestataire sur un chantier tertiaire, alors qu'il contrôlait une toiture. « L'enquête est toujours en cours. Cette tragédie nous rappelle qu'en matière de sécurité, il faut rester humble. Même après 30 ans de fonctionnement, nous sommes capables de nous améliorer. » Et de battre des records. La centrale nucléaire a produit 37,6TWh en 2011, « malgré les aléas du réacteur n°1 ». La consommation française a été publiée par RTE cette semaine et s'élève à 478 TWh. Autrement dit, le site de Gravelines s'affiche comme une usine qui pèse en termes de fourniture d'électricité dans le pays.
Rémi FOULON
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Journal de Montreuil



Réparé, le réacteur n°1 peut redémarrer
Le budget prévisionnel de maintenance est évalué à 200 millions d'euros pour 2012. Une année marquée par le redémarrage du réacteur n°1. Le budget prévisionnel de maintenance est évalué à 200 millions d'euros pour 2012. Une année marquée par le redémarrage du réacteur n°1.

L'actualité de la centrale nucléaire de Gravelines en 2011, c'était aussi ce défaut sur un tube au fond de la cuve de l'unité de production n°1. Conséquence : un arrêt du réacteur prolongé. L'Autorité de sûreté nucléaire vient d'accepter l'intervention proposée par EDF.
« On a proposé de boucher le tube (et non la fissure) », explique Jean-Michel Quilichini. Le directeur du site nordiste a dû faire face à une détection au fond d'une de ses cuves. Grâce à la visite décennale sur le premier réacteur, des contrôles approfondis ont permis de déceler une microfissure sur une pénétration (un tuyau métallique). EDF avait alors proposé de boucher le tube. Le dossier a été transmis à l'ASN pour être validé.
C'est chose faite depuis jeudi. La centrale n'a pas tardé à effectuer les réparations souhaitées : « C'est la première fois que ça arrive en France, c'est pour cette raison que le dossier a été approfondi. C'est déjà arrivé aux Etats-Unis, et la centrale tourne aujourd'hui sans aucun problème », rassure le directeur. Le bouchage réalisé dans la foulée de l'autorisation, le redémarrage du réacteur pouvait être lancé. : « Cela va prendre plusieurs semaines.
Nous sommes en arrêt supplémentaire depuis le 4 novembre 2011. » Courant février, le réacteur n°1, à Gravelines, devrait totalement redémarrer, en toute sûreté. Parmi les perspectives en 2012 évoquées par Jean-Michel Quilichini, une campagne d'arrêts très dense avec la visite décennale du réacteur n°3 (remplacement des générateurs de vapeur), trois visites partielles, dont une en superposition de la visite décennale, et deux arrêts pour un simple rechargement. Aussi, comme c'est le cas tous les 19 ans, une inspection de l' Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est prévue en fin d'année.
Cette structure internationale jugera, à son tour, de la sûreté du site.
R.F.


La centrale de Gravelines en chiffres
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1800 salariés EDF fin 2011 400 prestataires permanents (logistique, nettoyage, accueil...) 2 000 prestataires durant la campagne d'arrêts Moyenne d'âge : 41 ans (cette moyenne rajeunit d'année en année) 92 embauches en 2011, ce qui porte à plus de 450 le nombre de personnes embauchées depuis 2006 Prévision d'embauches pour 2012 : 110 Evolution des effectifs : plus de 170 emplois en cinq ans 210 000 heures de formation Formation par alternance : 87 contrats d'apprentissage en cours 218 stagiaires scolaires ont été accueillis en 2011 51 emplois saisonniers Salaire moyen annuel brut : 53 000 euros Production : 37,6 TWh Part dans la production française d'énergie nucléaire : 9%


«On a encore une belle histoire à écrire »

Jean-Michel Quilichini a invité, comme chaque année, la presse pour communiquer le bilan de la centrale nucléaire de Gravelines. Le directeur est satisfait mais a conscience des chantiers qu'il reste à mettre en oeuvre.
Quelles sont aujourd'hui les suites de la tragédie de Fukushima du 11 mars dernier ?
Ça a été un évènement marquant pour l'industrie mondiale. On a des leçons à tirer. Les évaluations complémentaires de sûreté, suite à l'accident de Fukushima, ont été réalisées sur la prévention des risques et la maîtrise des conséquences en cas de situation extrême. Le 3 janvier, l'Autorité de sûreté nationale a publié l'ensemble de sa vision, confirmant un bon niveau de sûreté des réacteurs dont ceux de Gravelines.
Mais il reste des aménagements à réaliser sur le site...
L'idée, c'est qu'on gagne en robustesse dans nos centrales. D'après l'ASN, elles sont toutes sûres. On a encore toute une histoire à écrire.
La centrale nucléaire a enregistré un nouveau record en 2011, celui du taux de fréquence globale...
Le taux de fréquence globale correspond au nombre d'accidents de travail avec arrêt divisé par le nombre de millions d'heures travaillées. Il est à 2,2 en 2001 et a été divisé par deux depuis six ans et divisé par quatre depuis dix ans. Moins d'accidents, c'est aussi le reflet d'une année meilleure pour nous.
Le site de Gravelines a-t-il encore de belles années devant lui ?
On espère arriver à 60 ans ; ça se traduit par des investissements qui ont des impacts locaux significatifs. Nous poursuivons des programmes d'actions sur nos fondamentaux de sûreté pour être en progrès permanent.


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