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Côte d'Opale

Un Coudekerquois récompensé

Mathieu Mazurek, l'acheteur qui savait se vendre

mercredi 28.07.2010, 14:00
Mathieu Mazurek a trouvé sa vocation. Mathieu Mazurek a trouvé sa vocation.

Mathieu Mazurek, 30 ans, a reçu le trophée de la formation, une récompense qui vient couronner la trajectoire atypique d'un soudeur-chaudronnier passé acheteur et devenu depuis chef d'entreprise Il dit avoir décroché « péniblement » son bac S et « avoir été tellement surpris » qu'il s'est ensuite demandé « quoi en faire ».

Alors, la vingtaine à peine, Mathieu Mazurek s'est engagé dans un centre de formation pour apprentis pour décrocher une formation de soudeur-chaudronnier. « J'avais de la théorie et de la pratique », raconte le Coudekerquois.
Une trajectoire certes peu orthodoxe pour un jeune bachelier scientifique mais qui ne l'a pas éloigné de la réussite. Capable d'initiatives, le jeune Mathieu Mazurek a su provoquer sa chance. Convoqué pour un entretien d'embauche à Sollac, c'est le directeur commercial du site qui le reçoit. «  Le responsable du service qui devait me rencontrer était malade », relate Mathieu Mazurek.
L'histoire est en marche. Nous sommes en 1999, le bachelier soudeur est affecté au portefeuille achats, suit un contrat de qualification, devient responsable du service achats, et reste deux ans dans la boîte avant de rejoindre l'usine d'Umicore à Auby, dans le Douaisis, où il occupe officiellement le poste d'acheteur de septembre 2001 à octobre 2005.
« Quand j'ai découvert le métier d'acheteur en 1999, personne ne m'en avait jamais parlé. C'était plutôt réservé à la grande distribution ou aux "cost killers" (littéralement les tueurs de prix NDLR). J'ai obtenu le titre de responsable des achats au terme de 24 mois de cours en alternance, c'est une grosse charge de travail », se rappelle le Coudekerquois qui en souffle de soulagement encore aujourd'hui.
Avec un bon poste et une ambiance agréable de travail entre acheteurs, la carrière de Mathieu Mazurek chez Umicore semblait toute tracée. Et pourtant, ce dernier quitte volontairement l'entreprise en 2005, quatre années après y être entré. La fonction manquait a priori de piquant pour le Coudekerquois qui, dès le mois de mai 2004 s'était inscrit à l'Esap (école supérieure des acheteurs professionnels), dans le cadre d'un congé individuel de formation.
C'est qu'avec deux de ses collègues d'Umicore, Manuel Couto et Alain Gaïnetdinoff, originaires de Lewarde et Marchiennes, Mathieu Mazurek mûrissait un projet d'entreprise. « Nous nous étions rendus compte que l'acheteur causait le retard, qu'il était plutôt attendu. L'objectif était de créer la situation inverse et d'aller au-devant des besoins pour créer une sorte de cercle vertueux. L'idée a été proposée à Umicore qui l'a trouvée séduisante mais qui a préféré garder ses acheteurs et son système », explique Mathieu Mazurek. Le trio s'engage alors financièrement, réalise une enquête de prospection et prend son indépendance pour créer la société SA2M, physiquement basée à Wandignies Hamage mais rayonnant sur toute la région.
L'idée est alors de proposer aux PME (petites et moyennes entreprises) ou groupements d'entreprises, un service d'achat externe mutualisé capable d'une grande réactivité et de faire baisser significativement le coût des fournitures par l'effet de commandes groupées.
« On peut être amené à négocier n'importe quel produit, du Bic à la station de travail informatique », assure Mathieu Mazurek.
La société SA2M qui se présente avant tout comme un fournisseur d'économies, fait ainsi office de prestataire de services et gère la procédure d'achat dans sa globalité, de la sélection des fournisseurs à la prise de commande et au suivi du contrat en veillant au respect des délais.
Trouver le meilleur prix est vital pour la SA2M, qui pour vivre doit prélever sa marge sur l'économie réalisée tout en proposant le meilleur tarif à ses clients. Pour l'heure, cette société, qui a réalisé un chiffre d'affaires de 800 000 euros en 2008 et s'est stabilisée à 600 000 euros en 2009 malgré la crise, demeure sans concurrence.
D.E.



Journal de Montreuil


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