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Côte d'Opale

Nouvelle acquisition au service ophtalmologique du centre hospitalier de Dunkerque

Une petite révolution optique

mercredi 12.03.2008, 14:00
Michel Delebarre est venu découvrir l'OCT. Michel Delebarre est venu découvrir l'OCT.

Depuis deux mois, un OCT, échographe ultraprécis, permet aux ophtalmologues de cibler les maladies de la rétine et de les traiter plus efficacement. 250 patients ont déjà été soignés...

Rapide, précis, non invasif et indolore : c'est la description d'un nouvel outil médical de pointe qui amorce une petite révolution au centre hospitalier de Dunkerque.

L'OCT, nouvelle acquisition du CHD, d'un coût de 105 000 euros est un tomographe à cohérence optique, c'est-à-dire un échographe qui permet de photographier la rétine et de présenter une reconstruction en trois dimensions du fond d'oeil sur un écran consultable également par le patient. Une façon pour ce dernier de voir l'affection qui le touche et pour le praticien de mieux l'expliquer et surtout de poser un diagnostic plus précis avant de traiter de façon ciblée la maladie.
Car, l'intérêt de l'OCT, cofinancé par la Région et l'union des mutuelles de Dunkerque (USMD) à hauteur de 30 000 euros, est bien de désengorger les salles d'attente en réalisant une sorte de tri. Pas d'utilisation systématique donc de l'appareil. « C'est un gain de temps considérable pour nous, assure le docteur Moritz, ophtalmologue au CHD. Nous l'utilisons pour les patients dont nous connaissons déjà la maladie.
 »
Rentabiliser un temps
de consultation précieux

En l'occurrence, trois affections sont principalement concernées. La dégénérescence maculaire liée à l'âge (DMLA), le diabète oculaire et le glaucome chronique qui rétrécit le champ visuel. Trois affections qui pourraient rendre aveugle. « 10 000 à 12 000 patients du bassin dunkerquois vont pouvoir bénéficier de cette consultation. Des patients susceptibles d'être touchés par l'une de ces maladies de la rétine ou du nerf optique », présentait le même Dr Moritz lors de la visite.
Il expliqua ainsi qu'une patiente, dont la vue avait chuté à 2/10e, recouvrait une vue à 6/10e quatre mois plus tard et après injections précises. Un cas particulier, mais le Dr Moritz assure qu'avec ce genre d'examen, « on peut espérer 20 à 30  % d'amélioration de la vue. » Et sachant qu'avec le vieillissement de la population, la demande de soin continue d'augmenter, un tel outil ne pouvait que tomber à pic. «  Grâce à l'OCT, nous savons exactement de quel problème il s'agit et nous savons exactement où et comment traiter. Il y a un an, ce n'était pas possible », précisait le Dr Lemaille. Un enthousiasme du côté des praticiens qui y voient là un moyen de rentabiliser leur temps de consultation, le traitement des maladies et le temps passé en chirurgie, réelle vocation du service.
« C'est un bouleversement dans notre organisation. Comme l'utilisation de l'OCT est simple, les infirmières peuvent nous aider et nous passons plus de temps pour l'interprétation. »
Un examen simple
aussi pour les patients

Unique et seule machine existante sur le bassin dunkerquois, l'OCT permettra donc aux patients, et plus particulièrement aux personnes âgées, de ne plus se déplacer à Lille ou à Boulogne-sur-Mer pour être traitées et suivies. Le CHD a déjà ainsi traité 250 patients grâce à l'OCT depuis deux mois.
Un examen simplissime et rapide, pris en charge par la sécurité sociale. Coût de l'examen : 87 euros. « Ce n'était pas forcément le cas lorsque les patients se déplacent à Lille. » Une consultation simple pour tout le monde et un accès ouvert «  à tous les ophtalmologues qui le désirent, dans le cadre des tarifs conventionnés. »
Claire HOHWEYER



Journal de Montreuil


Fonctionnement de l'OCT

« Installez-vous confortablement au fond du siège. Et regardez droit devant. » Quelques réglages sur l'appareil informatique, un clic, une prise de vue. Et c'est terminé.
Michel Delebarre, qui servait de cobaye pendant la visite confirme. « Indolore et rapide. » Effectivement, pas d'injection, pas d'anesthésie ni de contact avec l'oeil, en deux minutes, le patient se trouve devant l'écran d'ordinateur relayant l'image d'une coupe anatomique de son fond d'oeil, écoutant le praticien lui expliquer les problèmes liés à sa maladie.
L'OCT peut par exemple déterminer la nature d'un trou ou d'un faux trou maculaire avant une intervention.

Chiffres
10 à 12 000 personnes sont potentiellement concernées par l'examen de l'OCT sur le bassin dunkerquois.
D'ici à 20 ans, 3 millions de personnes seront touchées par la DMLA.
250 patients ont été traités par le CHD depuis l'obtention de l'OCT il y a deux mois.
Coût de l'examen, pris en charge par la sécurité sociale : 87 euros.


« Travailler en réseau »

Comment s'est monté le dossier
de demande d'un OCT ?
« Cela fait longtemps que je réclamais cela au CHD, mais en fonction des restrictions de budget, ce n'était pas à l'ordre du jour. Là, le dossier remonte à six mois. Nous avons monté un dossier épidémiologique avec le Dr Moritz, que nous avons présenté devant les mutuelles et le conseil régional. Puis les choses se sont concrétisées. » L'utilisation de l'appareil est ouverte
aux ophtalmologues privés,
une façon de travailler en réseau ?
« Oui. Mais, et face au manque de spécialistes et au nombre de demandes, il faut travailler aussi avec les orthoptistes et les opticiens. Il y a des solutions pour pallier certains problèmes. La situation n'est pas si noire. Nous travaillons d'ailleurs déjà à la mise en place d'un réseau de dépistage avec Preval (prévention vasculaire littoral Flandres). » Sur quel type de consultation ?
« Sur la rétinopathie diabétique. Preval a une machine qui fait des photos que nous interprétons. C'est un moyen de dépistage. Il faut développer ce réseau avec les confrères libéraux, les opticiens, qui peuvent agir grâce à un décret sur les ordonnances, valables trois ans. » Vous êtes donc favorable au fait d'accorder un peu plus d'importance au rôle de l'opticien... « Oui. Car, en ce qui nous concerne, au CHD, notre vocation c'est quand même la chirurgie. Le rôle des opticiens est donc bien défini. Mais ils peuvent nous donner de l'air en consultation. »
Propos recueillis par Claire HOHWEYER


Echos


Le CHD poursuit ses acquisitions
Après avoir fait l'acquisition de quatre pompes anti-douleur, destinées aux soins palliatifs en post-opératoires, traumatologie et kinésithérapie, et maintenant, un OCT pour le service ophtalmologie, le CHD est toujours en attente d'un scanner supplémentaire. Une demande réalisée auprès de l'ARH pour permettre de traiter principalement les victimes de l'amiante, devant être suivies très régulièrement. Mais dans le cadre de la coopération transfrontalières, l'hôpital est également en attente d'un TEP-Scan, pour déceler les micro-tumeurs cancéreuses.

Le travail en réseau face à la pénurie d'ophtalmologistes
A l'heure où le bassin dunkerquois souffre d'un manque de praticiens, il semble que l'utilisation optimale de tels outils de pointe soit une solution pour optimiser les temps de consultation, ainsi que le travail en réseau. Une constatation d'ailleurs reprise par la Région. « Nous travaillons avec l'ARH sur la mise en place de délégations de tâches. Afin d'organiser autrement l'accès aux soins, le rôle de l'orthoptiste, de l'opticien... Car nous avons des équipes médicales de qualité, mais trop peu nombreuses. » Une volonté d'optimiser les compétences de toutes les branches de l'ophtalmologie reprise par le chef du service ophtalmologie du CHD, le Dr Lofti Berramdane. « Il y a des solutions pour pallier certains problèmes. »


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