Certes, tous les candidats ne sont pas déclarés. Mais on le sait, la pêche au parrainage, ou signature, commence très tôt pour les candidats à l'élection présidentielle.
Certains maires, comme celui de Lillers Pascal Barois, parlent ouvertement de la mise à disposition de leur signature pour les candidats à la Présidentielle de mai prochain. Pour le nouveau maire de Lillers - il a pris la succession fin juin de Lucien Andriès -, le choix se fait dans la continuité de ses idées politiques. « Il faut être cohérent. Si j'ai à donner ma signature à un candidat, elle ira sans aucun doute à celui du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon », souligne-t-il. Même s'il a été contacté par d'autres candidats, notamment de Villepin et Bayrou et un illustre inconnu, « c'est Mélenchon et personne d'autre ! » Stéphane Saint-André, maire de Béthune (Parti radical de gauche), a reçu « quatre ou cinq demandes », et les a toutes mises à la poubelle, sauf une, « qu'il a signée », celle de François Hollande. Le candidat socialiste a déjà reçu au moins une signature, donc ! Parmi les autres demandes, celles de deux candidats « inconnus ». Stéphane Saint-André s'attend à être de nouveau fortement sollicité dans les prochaines semaines.
Un moyen de donner son avis et de pousser les électeurs à se déplacer Donner sa signature et le faire savoir, c'est prendre les devants lorsque les noms seront publiés au Journal officiel, mais c'est également un choix stratégique. C'est une manière d'affirmer sa tendance politique. Et également d'encourager les habitants de sa ville à voter de la même manière ! Et, par effet de ricochet, les pousser à se déplacer aux urnes... D'autres élus préfèrent, malgré les sollicitations plus ou moins pressantes, ne pas donner leur signature. Aucun candidat ne recevra leur soutien.
C'est le cas notamment du maire de la petite commune de Fouquières-lès-Béthune, Jean-Paul Seulin, élu sans étiquette depuis mars 2008. « J'ai décidé de ne pas donner ma signature pour cette élection présidentielle. Je pense que les gens sont assez grands pour voter sans savoir vers qui se tourne ma voix », explique-t-il pour justifier son choix. Pourtant, les appels téléphoniques se multiplient en mairie ou « même à mon domicile » de la part des différents candidats comme Nicolas Dupont-Aignant récemment. Quant à l'idée d'apporter une signature à un "petit" candidat, il n'y pense pas, « on l'a trop reproché à certains élus d'avoir, par le passé, accordé leur signature à un petit candidat pour que l'ensemble de l'échiquier politique soit représenté lors de la Présidentielle. » Même son de cloche chez le maire de Labeuvrière, Michel Leroy : « Je ne donnerai pas de parrainage, car mon conseil municipal est éclectique et ce ne serait pas juste de donner plus à un candidat qu'à un autre ».
Le maire de Gonnehem Bernard Delelis, également élu lors des dernières municipales en 2008 sans étiquette, sait à qui il apportera sa signature, mais ne souhaite pas le révéler pour le moment. « J'ai donné ma parole il y a plus d'un an, même si, pour le moment, je n'ai encore rien signé officiellement. C'est un choix qui se fait non pas par conviction personnelle, mais dans l'idéal républicain, pour que les petits candidats puissent également se présenter à cette élection importante. » À Annezin, pour le moment, le maire Daniel Delomez (PS), n'a pas encore reçu de demande écrite pour accorder sa signature. « Je n'en ai reçu que trois par mail de la part de Nicolas Dupont-Aignant, de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon », indique-t-il. Élu socialiste, il avoue n'avoir pas reçu de demande de la part de Hollande ni de consigne du parti pour savoir à qui donner sa signature. « Je pourrai donner ma signature pour un autre candidat, mais de Gauche, pour jouer le jeu de la démocratie. Si c'est le cas, ma signature ira au candidat du Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon. En aucun cas je ne l'accorderai à un candidat de droite ou d'extrême-droite. » Le maire de Sallaumines, Christian Pedowski, le dit sans embarras : c'est à Jean-Luc Mélenchon qu'il va donner sa signature. « Je m'en expliquerai à la population lors des voeux ». De toute façon, « ce n'est pas un secret ! »
Marc VASSEUR et Dorothée CARATINI
« C'est un choix qui se fait non pas par conviction personnelle, mais dans l'idéal républicain »
Journal de Montreuil
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