Depuis quelques années, un camp de Roms s'est installé près de l'étang du Brochet à Harnes. Un camp d'une dizaine de caravanes que les Roms ont aménagé de leurs propres mains.
C'est dans ces conditions insalubres qu'ils vont passer les fêtes de fin d'année.
Comme un village dans une ville. À l'écart de toute population, proche d'un terril et d'un étang, une soixantaine de Roms a élu domicile. Des familles serbes, roumaines, ou encore gitanes passent leurs journées dans des caravanes vétustes, insalubres mais chaleureuses. Depuis trois ans, Savic et Zonko se sont installés avec leur famille. Dans une modeste caravane installée à l'entrée du camp, une Serbe lave son enfant dans une bassine. Un peu plus loin, une sorte de poêle chauffe les lieux. S'ils regrettent les conditions dans lesquels ils vivent, les Roms ne regrettent pas d'avoir quitté leur pays. « Ici, ça se passe bien malgré les conditions. Tous les jours, c'est la merde, explique Savic. La police ? Bien sûr qu'elle vient. Mais si tu ne fais pas de bêtise, alors ça se passe bien. » Les journées, Savic et Zonko les passent à bricoler sur le camp. Les femmes, elles, restent dans les caravanes à s'occuper des enfants, à faire à manger et à ranger le peu d'affaires qu'ils ont.
« La terre, Dieu l'a donnée à tous les hommes » De temps en temps, des associations viennent les réconforter en apportant une aide alimentaire. C'est le cas aujourd'hui : Sandrine, du collectif Fraternité Roms bassin minier 62, amène à manger. « Ils donnent ce qu'ils peuvent, explique Zonko. Après, c'est à nous de nous démerder. Nous touchons zéro euro par mois, on a aucune aide pour les enfants, on se débrouille quasiment tout seul. D'ailleurs, j'ai besoin d'une aide médicale pour mon fils de trois ans qui s'est fait opérer d'un rein, mais ça a été mal soigné. » Les Roms ne cachent pas leur implication dans quelques infractions. Si Zonko se dit ferrailleur, c'est qu'il a souvent du métal à revendre ensuite. « Mais on est obligé de faire ça, c'est pour nourrir notre famille. Je préfère aller une journée ou deux en garde à vue, mais au moins mes enfants auront à manger. » Concernant la position des élus du secteur, Savic et Zonko sont formels. « On n'est pas des chiens. La terre, Dieu l'a donnée à tous les hommes. Elle est pour tout le monde cette terre, on est des humains quand même. Mes enfants sont même nés ici, à Harnes. Les Français qui vivent à l'étranger sont bien accueillis, ils ne vivent pas dans nos conditions. Alors pourquoi les élus ne font pas la même chose ici ? Ils ne sont jamais venus nous voir. Les seuls qu'on voit, c'est la police. »
A. J.
Journal de Montreuil
Du côté des forums