Dans la zone de la Motte au Bois, les salariés d'Equipact vivent leurs derniers jours. La nouvelle est tombée la veille de Noël : les soixante-deux salariés sont licenciés à partir du 6 janvier.
Hadda Benghanem est partagée entre colère et désarroi. L'entreprise Equipact, spécialisée dans le tri postal (site d'Harnes) et le colisage et l'e-commerce (site de Lens), va fermer ses portes le 6 janvier prochain. Une fermeture qui entraîne le licenciement de soixante-deux salariés. En début de mois, l'administrateur judiciaire s'était rendu sur le site d'Harnes pour trouver une éventuelle solution et rencontrer les représentants du personnel CFDT et CGT. À l'époque, le personnel estimait que le délai qui avait été donné pour l'appel d'offre, dans le but de trouver un repreneur, était trop court. Et ils n'ont pas eu tort. Un responsable de production confirme : « Des solutions existaient bien, mais les délais étaient trop courts pour le business plan. Il y aurait dû y avoir une action d'entreprise pour éviter cela.
D'habitude, on met en place un plan social, avec quelques licenciements pour rééquilibrer la trésorerie. Je trouve que la procédure de sauvegarde a été mal gérée. C'est un beau gâchis » Hadda Benghanem, de la CFDT, est retournée travailler dans la société. Si le moral est au plus bas, elle a l'intention de se battre jusqu'au bout. « Il y a quelques jours encore, on avait des solutions avec SOS entrepreneurs ! Deux entreprises belges étaient même intéressées, mais les fonds n'étaient pas suffisants. Le potentiel existe, mais la direction a fait tout pour couler. Ils ont licencié des commerciaux et, depuis, l'activité a baissé. On perdait jusqu'à 2 000 euros par jour. » Aujourd'hui, l'ensemble du personnel semble se diriger vers l'inconnu. Contacté par nos soins, le responsable de l'entreprise n'a pas souhaité s'exprimer. C'est un responsable de production, lui même en colère, qui a réagi. « On ne sait pas où on va, quand le personnel va recevoir ses lettres de licenciement, on ne sait rien. Cela fait vingt ans que je suis dans le métier, et je pars dans l'inconnu. On a aucune aide et le patron dit qu'il ne sait rien. »
Rendez-vous le 4 janvier Le 4 janvier, l'ensemble du personnel rencontrera bien le liquidateur judiciaire. Un rendez-vous qu'aucun salarié ne veut rater. « Ce sera le moment de poser nos revendications comme une mutuelle sur un an ou encore le montant de nos indemnités, explique un syndicaliste. On va évoquer également d'éventuels reclassements dans d'autres entreprises. Croyez-moi, nous ne baisserons pas les bras. »
A. J.
Journal de Montreuil
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