C'est un nouveau rebondissement dans l'affaire des fauteuils contaminés. Après s'être battues pour obtenir un diagnostic de leur logement, qui s'est avéré positif au dimethyl fumarate (produit anti-moisissure), les victimes des fauteuils contaminés viennent d'apprendre que le parquet de Meaux rejetait la mise en accusation de Conforama dans le dossier.
Claudette Lemoine, présidente de l'association, reste amère. « En France, comme d'habitude, on a cinq métros de retard. Cela prouve, qu'encore une fois, le gouvernement ne prend pas en compte les victimes », explique Claudette, toujours très remontée par cette affaire. « Encore cette semaine, j'ai trouvé trois personnes qui ont été empoisonnées par ce produit. Je suis sûre qu'au total, on atteint largement les 1 000 victimes. »
Une action en justice européenne Conforama n'est donc pas coupable, lui qui n'a fait qu'importer des produits. « Pas coupable au premier degré, c'est évident. Je suis bien d'accord, ce ne sont pas eux qui ont mis le produit sur leurs meubles. Mais quand même, quand on sait que dans les petits sachets que j'ai fait analyser, la dose était 1 000 fois supérieure à la normale, ils auraient eu raison de s'inquiéter un peu ! Ce jugement veut donc dire que Conforama n'est pas responsable de ce qu'il vend. C'est un comble. »
Claudette en veut au gouvernement. Lui, qui par son ministère de la Santé n'a pas voulu « ébruiter l'affaire », lui qui « restreint le nombre de fonctionnaires, alors qu'il faudrait plus de douaniers pour mieux contrôler les produits qui passent nos frontières ! ». Selon nos informations, la préfecture du Nord aurait même annoncé à quelques victimes que l'affaire était classée. Mais pour l'association de défense des victimes, l'affaire est loin d'être close car elle est portée dans un dossier de santé publique, au pôle santé.
Mais le cas de nos Français est loin d'être isolé. En Espagne, Allemagne ou Grande-Bretagne aussi on recense de nombreuses victimes. C'est pourquoi Claudette continue de tisser des liens à l'étranger. L'affaire est portée à la commission et au Parlement européen, appuyée par Gilles Pargneaux, député européen et nouvel allié de Claudette Lemoine, qui remarque, amusée : « Quand on a des contacts avec les bonnes personnes, les dossiers avancent beaucoup plus vite ! Si c'était Roselyne Bachelot qui s'était assise sur ces fauteuils, l'affaire aurait fait grand bruit... Il y a deux justices, celle des riches, et celle des pauvres ! ».
Même constat du côté d'un habitant d'Ablain-Saint-Nazaire, lui aussi victime des fauteuils empoisonnés en 2008. Souffrant de nombreuses brûlures dans le dos, il a désormais pu reprendre son travail. « Avec beaucoup de mal, résume sa femme qui préfère garder l'anonymat. On fait une cure tous les ans au mois de mai, mais après quelques mois, cela revient, explique-t-elle. Maintenant, il faut faire avec, il n'existe ni solution, ni remède miracles. » Concernant la décision de justice, cette Ablainoise parle de scandale : « Je ne comprends pas pourquoi Conforama ne serait pas coupable, se plaint-elle. On va aller voir la justice européenne car l'union fait la force. Mais aujourd'hui encore, le problème est loin d'être résolu. Le mois dernier, on a acheté une paire de chaussure dans un magasin de Lens, et mon mari a eu les pieds brûlés à cause du poison. C'est inadmissible mais on ne baisse pas les bras. On ira jusqu'au bout. » Les victimes ont prévu de se revoir en septembre pour entamer de nouvelles démarches en justice.
A. J. et F. S.
Journal de Montreuil
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