Réunis mardi au centre équestre liévinois, propriétaires de l'établissement et syndicat de propriété privé rurale ont décidé de
s'unir contre leur expulsion afin d'entamer les négociations. Mais Adevia ne s'est pas présenté à la réunion
La colère ne s'estompe pas. Loin de là même. Alors que Bruno Fouquart, le directeur d'Adévia, a affirmé dans nos colonnes (édition du 8 juillet) que les écuries du liévinois ne fermeraient pas, on a du mal à y croire du côté du couple Carré, propriétaire du lieu.
Mardi, ils étaient une dizaine à se réunir autour de la table au centre équestre. Propriétaires de chevaux, syndicat de propriété privé rurale ou encore employés du centre équestre, tous protestent contre l'attitude d'Adévia. Il faut rappeler que la société d'économie mixte est chargée par la Communauté d'agglomération Lens-Liévin de l'agrandissement de la ZAC des Alouettes. Un agrandissement reconnu d'utilité publique qui permet donc à la société Adévia de récupérer les terrains sans accord à l'amiable. Mais Adévia propose de racheter les terrains du centre équestre pour 0,45 E du mètre carré. Une aberration selon Angèle Dupayage, vice-présidente du syndicat de propriété privée rurale : « Créer de la richesse, oui. Mais pas en disposant du bien d'autrui pour un prix plus que dérisoire. Ces parcelles ont été précieusement conservées par des familles qui se sont sacrifiées pour les acquérir et qui, aujourd'hui, demandent une juste rétribution pour la dépossession de leurs biens. »
En attente
d'une solution Cela fait aujourd'hui deux ans que le centre équestre attend une réponse de la part d'Adévia : se dirige-t-on vers un déménagement ou une expropriation ? En tout cas, dans les deux camps, on tient à privilégier l'accord à l'amiable. « Chacun défend ses intérêts et c'est normal, remarquait Bruno Fourquart dans l'édition du 8 juillet. On se verra en septembre pour discuter et trouver une solution. » Même son de cloche du côté du couple Carré qui tient à privilégier le dialogue. « J'attends qu'ils viennent nous voir, que ce soit M. Fouquart ou M. Kucheida, lancent les propriétaires. Je suis désolé mais un centre équestre est d'utilité publique également. Regardez tous les enfants qui viennent ici. Je veux qu'ils comprennent, qu'on puisse leur montrer le travail réalisé ici avec les 188 licenciés ou les centres de loisirs. Nous, nous ne voulons pas d'argent, on veut juste discuter autour d'une table pour savoir de quoi notre avenir sera fait. Mais là, on est dans l'inconnu. Personne ne se soucie de nous : ni la mairie, ni Adévia. »
Toujours en stand-by concernant l'avancée des travaux du centre équestre, avec notamment la construction d'un deuxième manège, le couple Carré tente tant bien que mal de maintenir l'activité au centre. Alors qu'ils se sentaient seuls il y a quelques semaines, de nombreuses personnes sont venues les rejoindre pour former un collectif. « Le but est de réunir le plus de monde possible afin d'aller le plus loin dans notre démarche, explique Stéphanie Carré. On ne cherche pas le conflit mais une proposition et une réunion entre les intéressés. Après, s'il faut qu'on aille jusqu'au tribunal, on ira !
»
Adrien JUSTINE
Adevia n'a pas souhaité s'exprimer pour justifier son absence à la réunion du mardi 20 juillet
Journal de Montreuil
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