- Ce qui pose problème chez Christophe G.*, âgé de 42 ans, ce n'est pas tant les faits de vols avec dégradations qui lui sont reprochés d'avoir commis à Berck, entre le 22 et le 23 décembre 2011, et ce en en audience de comparution immédiate, mais sa personnalité toute particulière, d'autant qu'il se trouve en état de récidive légale par rapport à une décision du 25 novembre 2011, un jugement fort récent.
Les premiers mots du prévenu sont clairs, à la barre, même si peut-être, il lui ont été soufflés... «Â ma place n'est pas en prison, mais en hôpital psychiatrique... ».
Le prévenu a été interpellé en flagrant délit, le bras dans l'habitacle d'une voiture en stationnement, alors qu'il venait d'en casser une des vitres, à Berck, dans la nuit du 22 au 23 décembre 2011. Un homme qui manifestement vole tout ce qui lui tombe sous la main : un GPS et ses câbles, des vêtements...et qui cette fois encore, a fait plusieurs victimes, dont l'une est prothésiste dentaire, à Etampes, et devait repartir en région parisienne rapidement. Le prévenu a bien tenté de fuir mais a été rattrapé, trouvé porteur d'un couteau à cran d'arrêt, comme toujours. Il ne nie aucunement les faits et explique avoir brisé les carreaux des voitures à l'aide d'un marteau brise vitre volé la veille dans un des bus de la ville de Berck qu'il emprunterait régulièrement.
Il assure avoir des différends réguliers avec ses proches et c'est ainsi que depuis 2010, il fait parler de lui au sein des enceintes judiciaires: «Â J'ai pété les plombs. J'ai des problèmes avec ma famille qui me renie à cause de mes bêtises. Ma mère à vidé mon compte et j'ai à peine assez d'argent pour dormir à l'hôtel. Je suis sorti de prison le 12 décembre 2011 et je dois encore être jugé le 5 janvier 2012, pour des vols. J'ai fait ça sur le coup de la folie. Je ne comprends pas moi-même ce qui se passe, mais je voudrais bien comprendre. C'est une voix qui me dit de voler. Le couteau, c'est seulement pour pouvoir manger. Je dois me soigner, car tout ça revient trop souvent. Ça se multiplie...c'est compliqué dans ma tête ».
Le garçon a connu la détention provisoire dernièrement, puisque déjà présenté en comparution immédiate, l'affaire avait été renvoyée au 25 novembre 2011, le temps d'une expertise, date à laquelle il avait écopé de 6 mois de prison dont 4 mois avec sursis et mise à l'épreuve.
Sans profession, sans domicile fixe, hébergé un temps au FIAC de Berck, il alterne les séjours entre l'hôpital de Berck et celui d'Etaples. Suivi par un médecin psychiatre qu'il connaît fort bien à Berck, et en qui il fait fort confiance, il en a changé et rien n'a plus été comme il le fallait, à Etaples. En suivi toxicomaniaque ( cannabis et héroïne, en plus du Subutex), il perçoit l'allocation adultes handicapés. Ces vols sont décrits «Â comme pulsionnels et compulsifs, sans caractère d'utilité, sur un contexte pathologique, avec altération du discernement, sans abolition », devant une situation personnelle dégradée. Suivi médicalement pour de troubles du comportement, il prend un traitement aux doses jugées «Â lourdes », un traitement psychiatrique jugé «Â indispensable pour éviter toute dangerosité psychiatrique », du mis en cause. Une demande de mise sous curatelle est en cours.
Un traitement que le prévenu avait pourtant stoppé, «Â pensant que j'allais mieux, dira-t-il. Avec le nouveau médecin, à Etaples, il n'y avait que des cachets, mais pas d'échanges verbaux...de quoi faire remonter angoisses et anxiétés, «Â de quoi me déstabiliser et me déphaser complètement ».
«Â Où est la frontière entre responsabilité pénale et psychiatrique ? s'interroge le substitut. Quel avenir pour cet homme dont les actes sont partiellement altérés, mais pas abolis... ». Il requiert 8 mois de prison ferme.
« Je reste persuadé que l'individu doit être observé dans son environnement, plaide Me Krych, en défense. Mon client ne va bien que s'il est encadré par des médecins, des structures psychiatriques spécialisées. La seule solution est une solution thérapeutique. Des petites voix lui commandent des choses...cet homme vit une grande problématique. Son biotope, c'est l'hôpital ».
Alors qu'il encourait une peine minimale de 2 ans de prison, Christophe G. écope de 3 mois de prison ferme. Il est maintenu en détention.
B. G. Â
* : au regard de son état psychiatrique, l'identité du prévenu a été préservée.
Journal de Montreuil
Du côté des forums