- Madame Delcourt, veuve et maman de deux enfants âgés de 16 et 11 ans, orphelins de père depuis ce matin du 26 juin 2009, est venue au tribunal pour comprendre, seulement comprendre, sans esprit de se venger : « De toute façon, rien ne changera rien.
Je ne veux pas pointer du doigt quiconque. Mon mari est parti... je ne peux pas rendre un papa à mes enfants. Mon époux est parti. C'est horrible... ».
Elle va pleurer tout le long des débats, tant les mots entendus lors des constatations du légiste ont été durs à écouter, mais tellement réalistes.
Me Fasquel, son conseil, lui succède, représentant un homme qui manque à sa famille, et à tous ses collègues de travail : « Cet homme a été embauché en 2008... le jour de son décès, il partait en congés à midi. Il n'est jamais rentré chez lui, il n'a jamais revu sa famille, ses parents, ses frères et soeurs. Je n'ai pas eu l'honneur de le connaître, mais il m'a été décrit comme fort gentil et courageux... Personne ne l'oublie. Sa famille le pleure, faute de savoir la vérité. Les constatations médicales constituent pourtant des certitudes. Il y avait des manques dans cette société.
C'est une évidence... ».
Le substitut va dans ce même sens : « Rechercher la vérité, c'est une sorte d'obsession en la matière. La vérité médicale nous a éclairci. Il est évident qu'il existe un lien de causalité entre le décès de cet homme et l'action du portail, qui ne présentait pas toutes les garanties de sécurité. Il était défectueux, mal entretenu. Je ne suis pas le fossoyeur de cette entreprise... mais cet employé n'avait pas non plus reçu la formation adéquate. Pas de protocole de sécurité. Pas de consignes entre la société et les entreprises qui la visitaient... ».
Il requiert une amende de 3 000 euros avec sursis.
Décision le 9 février 2012.
B. G
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Journal de Montreuil
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