Nuit du 26 au 27 novembre 2011, à Groffliers, vers 23 heures...le fils de famille* revient d'une partie de pêche à laquelle il attendait de participer avec impatience.
Avec les copains, il a bu au décours de la journée et un de ses amis décide même de le ramener à son domicile, en soirée, tant son comportement devient désagréable.
Chez son aînée, dès son arrivée, le ton monte à nouveau. Il casse tout dans la maison, c'est un vrai désastre, et tout est dévasté : les meubles sont brisés en mille morceaux. La maman tente de se mettre à l'écart. Mais en tentant de récupérer son ordinateur portable, le prévenu la bouscule. Elle chute au sol.
Son genou est douloureux. L'ITT est fixée à un jour. C'est le père du prévenu qui aidera madame à s'extraire de la maison pour se mettre à l'écart.
Les gendarmes se déplacent et son accueillis tout aussi gracieusement, puisque le garçon tient à la main une tronçonneuse thermique démarrée, qu'il agite en tout sens face aux militaires. L'un d'eux est obligé de sortir son arme afin de persuader l'individu de se calmer. Interpellé, le prévenu présente un taux de près de 1,7 gramme d'alcool pur par litre de sang.
Présenté en comparution immédiate, le garçon tente de s'expliquer: «Â Je ne nie pas les faits, mais je n'en ai aucun souvenir. J'ai des flashes et je change en une fraction de seconde. J'avais trop bu. Je ne comprends pas moi-même ce qui s'est passé ».
Le garçon finit par se confier: «Â En fait, je n'accepte pas la relation de ma mère avec un de mes copains, beaucoup plus jeune qu'elle. Sain, ça va à peu près, je m'y fais, mais si j'ai bu, ça va fort mal et tout ressort, tout le temps...et puis, il y a le problème de la maison...il ne faut pas tout mettre tout sur mon dos...et puis, pourquoi elle demande si peu s'il y a autant de dégâts (sa mère a sollicité le versement de l'euro symbolique, pas plus ) ». La maison est en indivision alors que la mère du prévenu voudrait la voir attribuer à son fils, en en payant le prix... La maman est venue malgré tout soutenir son fils : «Â Il peut être un garçon charmant. Mais si agressif et si désagréable s'il a bu. Ce soir-là, il voulait que je parte de chez moi. Il m'a copieusement insultée. Il voulait me tuer. Pourtant, je le soutiens seule depuis qu'il a 8 ans. Je vais lui faire passer son permis et lui donner ma voiture...je finis par en avoir peur. Il faut qu'il arrête ». La maman, éprouvée, termine en larmes.
La présidente finit par résumer parfaitement la situation: « Vous êtes un adulte qui avez un comportement d'enfant gâté. L'amour n'a pas d'âge et votre mère est libre d'aimer qui elle veut ».
La procureure adjointe rajoute: «Â Vous pensez que c'est une partie de plaisir pour une mère de déposer plainte contre son propre fils ? Il y a eu des précédents, y compris avec votre copine... ». Le prévenu est invité à raconter la scène. En désaccord avec cette dernière, il avait serré le frein à mains du véhicule qui roulait...le couple avait frôlé l'accident. À l'arrivée, une séparation, et la peur de sa vie pour la jeune fille victime.
L'expertise du psychiatre est peu rassurante car l'homme renie sa violence en vers l'ensemble de ses victimes. Mais hostile à un sevrage total à l'alcool et à une prise en charge psychiatrique, «Â parce que les problèmes, qu'on en parle ou pas, restent les mêmes », souligne t-il, la dangerosité reste présente. Le prévenu avoue également avoir fumé un temps du cannabis.
Avec un casier garni de 5 mentions, le probationnaire attendait la mise en place d'un bracelet électronique au travers d'un rendez vous fixé au 7 décembre prochain. Il sait que la mesure est gravement compromise.
Les deux gendarmes qui composent l'escorte ont procédé à l'interpellation du mis en cause et accusent le coup: «Â Bien entendu qu'on a eu peur. On ne savait pas, quand on l'a vu, dans quel état on allait trouver la victime. Il tenait une tronçonneuse, tout de même...même si moi, je suis militaire depuis 19 ans...c'est la première fois que je sors mon arme ».
La procureure adjointe requiert 15 mois de prison dont 6 mois avec sursis et mise à l'épreuve durant 3 ans.
«Â Qui est vraiment mon client ? interroge Me Deltheil, en défense. Il n'est tout de même pas un monstre. C'est bon garçon, même, gâté, même si on ne peut pas reprocher cela à sa mère... ».
Le garçon écope de 18 mois de prison dont 6 mois avec sursis et mise à l'épreuve de 3 ans. Il est placé en détention. La partie civile reçoit l'euro symbolique.
B. G.
* : au regard du lien qui unit auteur et victime, aucune identité n'a été révélée.
Journal de Montreuil
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