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Tribunal

Rang-du-Fliers

Un fou du volant dans le camping

mercredi 09.06.2010, 14:00

Le 23 mai 2010, la police de Berck-sur-Mer intervient au sein du camping « Saint-Hubert », à Rang-du-Fliers. Une voiture vient en effet de s'y engouffrer à vive allure, dans un chemin réservé aux piétons et aux cyclistes.

Le chemin est situé à proximité d'une aire de jeux où se trouvaient ce jour-là plusieurs enfants. Le chauffard roule sur le vélo d'un jeune garçon, posé initialement sur le grillage, un enfant qui se trouvait à moins d'un mètre de sa bicyclette.
Divers témoins sont entendus. La famille du jeune gamin venait de le rappeler pour déjeuner. Il allait reprendre son vélo. Il n'en a pas eu le temps. « C'est une voiture bleue qui roulait fort vite qui a écrasé le vélo », diront les témoins. La roue avant a été aplatie. L'enfant a du reculé fort vite, se lamentant d'avoir désormais « un vélo tout cassé ».
En comparution immédiate, Reddah M.*, âgé de 28 ans, n'a plus de souvenir des faits, lui qui présentait un taux de 2,50 grammes d'alcool pur par litre de sang lors de son interpellation: « Je suis sorti la veille des faits. J'ai bu du whisky avec un copain, 5 ou 6 verres. On est sorti en boite de nuit, en Belgique. On a bu encore. Ensuite, on a rejoint la plage de Berck. Mon copain a voulu rejoindre une copine, à Rang-du-Fliers, au camping. A un moment, je ne l'ai plus retrouvé. Oui, je devais être seul dans la voiture, si tout le monde l'a dit. Je suis un traitement neuroleptique...je n'ai pas fait attention à ce chemin et je n'ai pas vu d'enfant, ni le vélo...je sais que j'ai eu un comportement dangereux ».
Divers personnes seraient intervenues pour arracher les clefs du contact du véhicule. Mais le prévenu aurait redémarré fort vite, immédiatement. Le prévenu aurait même percuté une poubelle.
Suivi en hôpital de jour, le prévenu bénéficie d'un traitement incompatible avec l'absorption d'alcool. Il voit un psychiatre une fois par mois, pour des troubles neuropsychiatriques.
Déjà condamné, sa famille souhaiterait que ce grand garçon prenne son indépendance, « parce que je suis trop vieux ». Il souhaite trouver du travail et s'investit actuellement dans le bénévolat. Il perçoit l'allocation adulte handicapé. Sa consommation de cannabis est ancienne. Il serait abstinent depuis un an. Il ne boit qu'à l'occasion, une fois par mois, au plus.
« Devant vous, vous avez un vrai danger public, souligne le procureur de la république. Le nombre des décès sur la route est impressionnant...à cause des gens qui boivent et qui conduisent quand même. On ne voit plus rien, monsieur, quand on boit autant. C'est une certitude. Votre comportement est effrayant ». Il requiert 8 mois de prison ferme, outre l'annulation de son permis avec interdiction de le repasser avant un délai de 18 mois.
« Oui, mon client a fait -une connerie-, et il le dit lui-même, plaide Me Pourre, en défense. C'est un garçon qui a des problèmes, qui vit en permanence dans sa chambre. Il tente de s'insérer et il faut le pousser dans cette voie. Il ne faut pas anéantir ses efforts. Ses parents sont prêts à l'aider. Ce soir-là, il est parti sur un coup de tête ».
Reddah M. écope de 12 mois de prison dont 6 mois avec sursis et mise à l'épreuve de 18 mois. Il n'est pas maintenu en détention et devra rencontrer le juge de l'application des peines aux fins d'un aménagement de la peine de 6 mois de prison ferme. Il doit travailler et se soigner. Il doit régler une amende de 150 euros. Son permis est annulé avec interdiction de pouvoir le repasser avant un délai de 18 mois.
B. G.
*: L'identité du prévenu a été préservée au regard de ses troubles neuropsychiatriques.

Journal de Montreuil


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