• Réduire la taille de la police
  • Agrandir la taille de la police
  • Recommandez cet article
  • Imprimer l'article

Faits Divers

HISTOIRE

L'origine des arbres des routes

mercredi 18.01.2012, 14:00
Au fil des siècles, les états ont préconisé le boisement des routes, avant de déboiser massivement entre les années soixante-dix et 2006. Au fil des siècles, les états ont préconisé le boisement des routes, avant de déboiser massivement entre les années soixante-dix et 2006.

- Les alignements d'arbres au bord des voies constituent des éléments du patrimoine historique et culturel français.
La pénurie de bois qui suivit les défrichages du Moyen Age fut vraisemblablement à l'origine des premières plantations.

Ainsi, pour des raisons économiques et militaires, Henri II ordonna par lettres patentes, en 1552 "à tous les seigneurs hauts justiciers et tous manants et habitants des villes, villages et paroisses, de planter et de faire planter le long des voiries et des grands chemins publics si bonne et si grande quantité desdits ormes que, avec le temps, notre royaume s'en puisse avoir bien et suffisamment peuplé".
Au 19ème siècle, à partir de la loi du 25 mai 1825 mettant les plantations à la charge de l'Etat, la politique de plantation se renforça, indépendamment des changements de régime - Empire, Restauration, République. On reconnaissait aux alignements un rôle technique de stabilisation et d'assainissement de la chaussée. Ils aussi avaient l'avantage de délimiter espace privé et espace public.
Tous les départements possédaient des alignements. On estime à 3 millions le nombre d'arbres au bord des 35 000 km de routes nationales françaises en 1895. Sans doute faudrait-il y ajouter ceux bordant les routes départementales et les chemins vicinaux.
Au cours du 20ème siècle, avec l'avènement de l'automobile, la situation s'inverse dramatiquement, en dépit de plantations réalisées pour le compte de la SEITA pour la fabrication d'allumettes. En 1985, sur les routes restant de la compétence nationale, on ne compte plus que 250 000 arbres : en un peu moins d'un siècle, près de 90 % des alignements y ont disparu.
Pour permettre une circulation à la croissance exponentielle, on a élargi les routes, au détriment des arbres. Ceci est une première raison. Par ailleurs, à mesure que les voitures devenaient plus nombreuses et plus puissantes, le nombre d'accidents de la circulation augmentait, atteignant un triste record de 16  617 tués en 1972. Les "adversaires à toute restriction à la sacro-sainte liberté des automobilistes" orientent fortement les recommandations faites au gouvernement lors de la Table Ronde de 1970 sur la sécurité routière. Il est question d'améliorer les infrastructures, d'aménager les "points noirs". Dès lors, les tenants d'une résolution technique des problèmes de sécurité routière tiennent leur bouc émissaire : l'arbre.



Journal de Montreuil



Vos réactions

Pour réagir à cet article :

  • introduisez votre nom d'utilisateur
  • rédigez votre commentaire
  • postez