Thomas plante le décor. Il n'est pas content et tient à le faire savoir. Après une longue période où il enchaîne les contrats à durée déterminés, il souhaite devenir moniteur-éducateur.
Mais pour financer sa formation (8700 euros) Thomas ne trouve pas la solution, pire, il a le sentiment d'être ballotté d'un service à l'autre, d'une désinformation à une ignorance des textes. Affligeant.
Thomas Delannoy a un parcours assez classique. L'école ne lui convient pas. Il la quitte. Fait un cursus professionnel en obtenant un CAP d'agent de prévention et de sécurité. Il est jeune, N'aime pas l'école et préfère le monde du travail. Il trouve un job au sein de l'association Cazin-Perrochaud comme veilleur de nuit au sein du foyer Équinoxe. Là, il découvre le milieu médico-social. Un secteur qui leur plaît et qui lui convient.
Thomas enchaîne les CDD... pendant 5 ans en espérant une embauche. Mais celle-ci n'arrive pas. « Alors je me suis dit qu'il fallait passer un concours pour pouvoir enfin intégrer de façon définitive l'association ». Et puis il a mûri. Thomas s'est installé dans la vie, il sait maintenant ce qu'il veut faire.
Il prépare donc le concours de moniteur éducateur. Reçu à l'écrit, il attend de passer l'oral pour être admis au sein de la formation qui dure deux ans. mais il y a un hic. « On m'avait dit que la formation était financée par différents organismes » explique-t-il, « alors j'ai commencé à monter mon dossier ». Mais à Pôle Emploi, sa conseillère lui indique que sa formation n'est plus financée par le ministère. Il a encore droit à des indemnités et a accumulé assez de droits mais le coût de la formation n'est pas pris en charge. Il se tourne vers la région, qui elle aussi lui signifie que le financement de sa formation ne sera pas assurée. Dans l'enchevêtrement administratif, Thomas comprend vite que personne ne connaît vraiment les textes et leurs évolutions tant les changements sont nombreux. D'autant que Thomas vient de franchir la barre des 26 ans. Donc il n'entre plus dans les dispositif jeune. « On me considère comme salarié dans certains cas, comme demandeur d'emploi dans d'autre, je pourrais bénéficier de certains droits pour la première année mais pas la deuxième. Je serais bien plus tranquille au chômage » lance-t-il complètement dépité. Mais il a du caractère, il va retourner ciel et terre pour parvenir à ses fins en rencontrant toutes les personnes influentes du secteur : « Ce n'est pas pour moi mais pour tous ceux qui sont dans mon cas et qui n'osent pas bouger ».
Déterminé, il espère bien devenir vite diplômé pour oublier le dédale administratif.
L.F.
Journal de Montreuil
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