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Berck-sur-Mer

SANTÉ

Dans les coulisses du bloc

mercredi 25.01.2012, 14:00
Une intervention sous coelioscopie est pratiquée dans une Une intervention sous coelioscopie est pratiquée dans une

Un lieu où personne ne souhaite un jour aller. Un endroit où la vie est entre les mains d'un chirurgien, d'infirmiers, de toute une équipe de femmes et d'hommes pour qui le bloc opératoire est un lieu de travail comme un autre.

Quoique... Il est huit heures du matin. Le Dr Karim Habi arrive dans son service, de chirurgie vasculaire, au troisième étage du centre Hospitalier de l'Arrondissement de Montreuil. Un rapide passage au PC des infirmières pour voir si tout va bien et le chirurgien entame sa petite tournée auprès des patients qui dans le courant de la journée seront opérés par ses soins. Il trace lui même sur le corps de la personne son « lieu » d'intervention. Comme à chaque fois, une double si ce n'est une triple vérification est faite sur l'identité, sur le membre à soigner, etc... pour éviter toute erreur.
Dans le service des blocs opératoires, le personnel s'active. Tout le monde connaît parfaitement sa mission. Frédéric Mailly, le cadre infirmier jette un dernier coup d'oeil sur le grand tableau où toutes les interventions de la journée sont notées. La grande équipe des blocs tout de vert vêtue est prête pour une journée au cours de laquelle les interventions se succéderont dans l'une des cinq salles d'opération. En réalité le CHAM dispose de six salles mais comme l'explique Pierre-Marc Cousin, cadre de santé « Une des salles est réservée pour les urgences et notamment pour les césariennes ! ».
Les premiers patients sont amenés par les brancardiers et pris immédiatement en charge par les aides soignants qui les préparent. Les sales ont prêtes, les tables accueillent les patients. Dans chaque boc opératoire, le personnel exécute les gestes répétés maintes et maintes fois. L'infirmier (e) anesthésiste (I.A.D.E.) prépare la personne qui dans quelques minutes sera endormie par le médecin, les infirmières de bloc quant à elles installent tout le matériel dont aura besoin le chirurgien pour pratiquer son intervention. Elles ont cette particularité d'être habillées en bleu et gantées tout comme le chirurgien.
Ce sont les seules personnes autorisées à toucher le matériel ou le patient endormi sur la table. Toutes les tables revêtues d'un tissu bleu sont stériles et ne peuvent, pour cette raison, être manipuler par les seuls professionnels autorisées, en règle générale deux personnes. Il arrive toutefois que pour des interventions lourdes plusieurs chirurgiens travaillent de concert aidés par plusieurs(e) s I.B.O.D.E (Infirmier(e) Bloc Opératoire Diplômé d'État. Le Dr Karim Habi tout comme le Dr Vincent Accart mais aussi les autres chirurgiens arrivent les uns après les autres. En tenues vertes, ils sont alors habillés dans le sas prévu à cet effet, de la fameuse tenue bleue et gantés selon un protocole bien établi. Il est un peu plus de 8h30, les premiers coups de bistouri sont donnés. En un peu moins de vingt minutes, le Dr Habi a procédé à sa première suppression de varices. Il passe d'un bloc à un autre sans perdre de temps. Frédéric Mailly, le cadre infirmier orchestre dans le calme les entrées et sorties des différentes salles. Son téléphone sonne régulièrement. Il fait la liaison entre le service et les blocs de façon à ce que les patients n'attendent pas trop longtemps dans le couloir... du sommeil.
Dans une autre salle, le Dr Accart assiste à une intervention au niveau du colon sous coelioscopie. Sur écran vidéo, toutes manipulations des deux internes sont relayées. Une technique de plus en plus employée qui permet une précision chirurgicale tout en offrant un confort post opératoire non négligeable.
L'intervention durera plusieurs heures. Une opération finie, il faut moins de quinze minutes pour que le bloc soit de nouveau opérationnel.

Une planification
stricte et souple

... Un bloc opératoire avec six salles d'intervention nécessite une organisation méticuleuse. Il faut en effet planifier les interventions de la vingtaine de chirurgiens qui exercent au sein du CHAM. Là aussi un travail d'équipe. Six anesthésistes sont également associés à ce planning. De 8 heures à 16 heures, les cinq salles d'opération sont occupées selon un calendrier établi de concert avec les chirurgiens au fil de leurs consultations.
Chirurgie vasculaire, digestive, urologie, dentaire, traumatologie et orthopédie, gynécologie, oto- rhino-laringologie autant de spécialités dans lesquelles les chirurgiens opèrent dans l'une des salles. Des interventions programmées au fur et à mesure des consultations des chirurgiens. Au CHAM seules les interventions au niveau cardiaque, pédiatrie, du rachis et de neurologie ne sont pas réalisées. Cette planification exige nombre de contacts entre les chirurgiens et le staff du bloc opératoire. La programmation peut également évoluer en fonction de l'urgence de certaines prises en charge chirurgicale. Il faut aussi tenir compte de la nature des opérations. « On programme toujours les enfants en premiers, afin qu'ils ne soient pas trop longtemps à jeun. De même la chirurgie ambulatoire (NDLR : Le patient sort le jour même de l'intervention) est prioritaire dans le planning » explique Pierre Marc Cousin.
Sur un plan beaucoup technique et médical, la nature des interventions est également un facteur pris en considération « On commence toujours par le froid pour finir par le chaud ! » souligne le cadre de santé. En clair cela signifie que les opérations sans risque infectieux sont les premières de la journée et les dernières ont celles où il y a risque, comme par exemple les abcès. Un planning qui facilite la remise en condition du bloc pour l'intervention suivante de façon



Journal de Montreuil



salle du bloc opératoire du CHAM. Une technique de plus en plus utilisée. salle du bloc opératoire du CHAM. Une technique de plus en plus utilisée.

plus rapide. En effet, entre deux interventions « froides « il faut 15 minutes pour que le bloc soit de nouveau opérationnel. Pour les interventions «  chaudes », le délai est plus long pour répondre aux exigences du bio-nettoyage.

Le bloc opératoire un lieu sous haute surveillance
Avant chaque intervention, le personnel du bloc vérifie et revérifie. Ne serait-ce que l'identité du patient qui ne doit pas toujours comprendre pourquoi on lui demande plusieurs fois son nom, son âge et même de quoi il va se faire opérer. Autre domaine où la vigilance est à son maximum, les risques infectieux. Un système de filtration de l'air plus que pointu est installé dans chaque bloc et par le jeu des pressions d'air, la salle d'opération est «  hermétique « même si les allées et venues entre les salles sont nombreuses. Les règles hygiène sont strictes sont respectées par le personnel.
Tout est prévu de la panne électrique à la défaillance du matériel. Tout est doublé voire triplé. Lorsqu'une intervention à risque est programmée par l'un des chirurgiens, le service de réanimation et les soins intensifs sont prévenus.
La vie des blocs opératoires du CHAM est ainsi faite. Le hasard n'y a pas de place. L'ambiance y est sereine. Chacun connaît son rôle. Du brancardier au chirurgien, le maillon est important pour le bien être et la santé du patient qui le temps de quelques minutes voire de plusieurs heures confie sa vie à des femmes et des hommes dont la vocation à aider l'autre ne fait aucun doute.
Une qualité humaine et technique de nature à rassurer au cas où...
Marc MOLIN


TROIS QUESTIONS À
Dr KARIM HABI, chirugien vasculaire et président de la Commision Médicale d'Etablissement Dr KARIM HABI, chirugien vasculaire et président de la Commision Médicale d'Etablissement

1Quelle définition rapide donneriez-vous du mot chirurgien ?
« C'est avant tout un médecin quia doit avoir validé son internat pour ensuite recommencer un apprentissage technique. Le chirurgien c'est un super spécialiste de la médecine. » 2Vous êtes en quelque sorte des techniciens supérieurs d'une formidable machine qui s'appelle le corps humain.
Existe-t-il des interventions qui vous semble impossible ?
« Impossible non ! Des fois on repousse les limites du possible. C'est ça qui est motivant. On soigne aujourd'hui des personnes qui quelques années auparavant auraient été condamnées. » 3Les chirurgiens sont capables d'enchaîner plusieurs interventions ou d'opérer pendant de longues heures. Vous êtes des surhommes ou vous avez un secret ?
« Un chirurgien ne peut se permettre d'être à 50 % de ses moyens. En chirurgie, le résultat est immédiat ce n'est pas comme en médecine où il faut parfois attendre quelques jours pour que le traitement agisse. Que l'on opère 1 heure ou 5 heures, le geste doit toujours être aussi précis. C'est un entraînement. Durant nos études, on nous habitue à de longues interventions et à les enchaîner. Il m'est arrivé ainsi d'opérer pendant 37 heures... On se doit d'avoir une hygiène de vie stricte avec peu de sorties. » 4En qualité de chirurgien, de quoi avez vous horreur ?
« J'ai horreur de l'a peu près, de ne pas être compris, de ne pas être suivi, quand ça ne suit pas derrière, quand on doit avancer seul ! » 5Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui voudrait devenir chirurgien ?
« De persévérer et de travailler. Il y aura des moments difficiles mais aussi des moments de satisfaction énorme comme le souvenir de cette fille de 12 ans victime d'un accident et qui devait être amputée. J'ai réussi à sauver sa jambe. aujourd'hui elle fait de la danse classique et s'apprête à devenir infirmière anesthésiste. Rendre service à l'humanité d'abord et ne pas attendre la reconnaissance ni populaire ni financière. »
Propos recueillis par Marc MOLIN
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Des femmes et des hommes formés pour...
Le «réveil» est surveillé par les anesthésistes qu'ils soient médecins ou infirmiers. La fin du passage au bloc. Le «réveil» est surveillé par les anesthésistes qu'ils soient médecins ou infirmiers. La fin du passage au bloc.

Le boc opératoire d'un hôpital, c'est un service à part. Un autre monde, un monde qui intrigue, que l'on redoute souvent. Là des équipes spécialisées oeuvrent... Une immersion dans le bloc opératoire du CHAM permet immédiatement de « palper » une ambiance faite de sérénité et de professionnalisme. Une sensation confortée par la petite musique de fond présente dans les salles d'opération mais qui ne distrait pas le personnel.
Des professionnels de santé dont les capacités sont reconnues à la suite de formation pointues et poussés. Mis à part les chirurgiens évidemment, les infirmiers anesthésistes présentes un cursus à Bac + 5. En effet après l'obtention du diplôme d'État à l'issue des trois ans d'étude, l'infirmier(e) doit après deux années d'expérience, reprendre un cursus de deux années. Pour les IBODE (infirmier(e) s de bloc opératoire, ce sont dix mois de formation supplémentaires qui sont requis.
Un chirurgien, un infirmier anesthésiste, deux infirmiers de blocs, deux aides soignants voilà la composition minimale d'une équipe de bloc.
Il faut aussi savoir qu'une équipe complète est toujours de garde. Au cas où... La programmation est ce qu'elle est mais il faut toutefois prendre en charge les urgences qui nécessitent une intervention rapide... pas question d'attendre ou de laisser un patient dans le couloir sous prétexte que... Le hasard on ne connaît pas au bloc. Tout est prévu.
Et quand le chirurgien a « refermé », c'est alors la salle de réveil qui attend le patient. Là deux infirmiers(e) dont un anesthésiste surveille le retour « à la normale « de la personne qui vient d'être endormie parfois quelques minutes, parfois plusieurs heures. Chaque réveil est différent selon les moyens employés pour l'anesthésie. La durée du réveil n'est pas forcément proportionnelle au temps de « sommeil ». Dans la plupart des cas, c'est moins d'une heure après que le patient a retrouvé toute sa « lucidité » et ce grâce à des femmes et des hommes formés pour cela.

M.M.



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