Au cours de la semaine dernière, la Maye, rivière qui traverse Rue était à sec. Elle ressemblait davantage à un sentier de randonnée qu'à un cours d'eau.
On n'avait jamais vu cela de mémoire de Ruen. On avait même trouvé des poissons sur le dos à la surface des quelques flaques restantes. Morts par manque d'eau certes mais aussi par manque d'oxygène faute de courant.
La population s'émeut et s'adresse au maire, Serge Deschamps pour connaître la cause d'une telle situation et ce qui pouvoir être fait pour que la Maye retrouve son eau.
C'est là que le maire de Rue et le président du Syndicat intercommunal d'aménagement hydraulique du Marquenterre (SIAHM), Jean-Louis Wadoux, quelque peu agacés expliquent que depuis longtemps déjà, des fissures dans les berges existent et qu'il est impossible de les colmater.
« Avec le temps, ces fissures qu'on nomme Trou du Renard s'intensifient face au château d'Arry et les eaux de la rivière se déversent dans le canal d'Artois qui est en contrebas sans continuer leur chemin dans le lit de la Maye » explique Jean-Louis Wadoux.
Le Canal d'Artois a été construit par le Comte d'Artois pour le transport des grumes de la forêt de Crécy vers le port du Crotoy.
« Au niveau du SIAHM, bien qu'ayant en charge l'entretien des canaux, nous ne pouvons rien entreprendre sans l'avis des diverses institutions : les Beaux Arts, (le château est classé), la Police de l'eau, le Conservatoire du littoral, la DRAC, la DREALE, et tutti quanti... nous avons proposé de colmater ces brèches avec des palplanches mais nous n'y sommes pas autorisés. Aujourd'hui, nous allons devoir une fois de plus travailler dans l'urgence pour sauver ce que l'on peut sauver. C'est encore un coup d'épée dans l'eau qui va quand même coûter la bagatelle de 8 000 euros. » Une réunion de toutes les instances concernées est prévue le 13 juillet. Souhaitons qu'elles parviendront à un accord quant aux travaux à effectuer.
En attendant, mercredi matin, une entreprise essaiera de colmater ces brèches avec de la craie et le maire de Rue fait récupérer les poissons vivants par le personnel communal qui le déverse dans les étangs autour de Rue. Serge Deschamps est d'autant plus consterné que, il y a un mois à peine, l'eau de la Maye était reconnue "eau de première qualité".
Deuxième épisode : Jeudi matin, afin de sauver le peuple de la rivière, et tandis que l'entreprise essaie de colmater les brèches (trou du renard) du côté d'Arry, le Pôle piscicole, lui, essaie de sauver les poissons. Pour cela, une pêche électrique a donc été décidée aux endroits stratégiques de la rivière où il y a encore de l'eau et où les poissons se sont réfugiés.
Cette opération de pêche électrique a été mise sur pied par le Pôle piscicole en accord avec la Fédération de pêche de la Somme et l'Aménagement et valorisation du bassin de la Somme (AMEVA). Elle consiste à récupérer les poissons et à aller les remettre en amont dans la rivière.
Le Syndicat intercommunal d'aménagement hydraulique du Marquenterre (SIAHM) participe à l'opération et établit un relevé des différentes espèces et le nombre dans chacune d'elle.
Une dizaine d'espèces a été dénombrées : des anguilles grosses comme le bras, des loches franches, chevênes en grand nombre, des gardons, des perches, des brêmes, des ablettes, des goujons et quelques plus rares brochets. De quoi faire rêver tous les pêcheurs du coin.
Mais bien sûr, cette pêche électrique s'est déroulée sous haute surveillance. Un arrêté préfectoral a été pris pour l'autoriser et un autre arrêté préfectoral interdit la pêche tant que la situation ne sera pas rétablie dans la rivière.
Aujourd'hui, l'eau coule à nouveau dans la Maye mais pour combien de temps le poissons vont-ils retrouver leur tranquillité ?....
C.C
Journal de Montreuil
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