Fini les bulldozers, les grues, les pelleteuses. Fini les gravats, les cailloux, le béton. Place à la nature, au roulis des vagues, aux cris des mouettes et des goélands.
Désormais, la promenade de la Corniche accueille piétons et cyclistes sur des pistes séparées. Des aménagements fort appréciés, mais inévitablement, aussi critiqués.
En ce matin de janvier, le soleil éclaire à peine la promenade de la Corniche, mais les promeneurs y sont déjà nombreux. Cyclistes, piétons, coureurs. Familles, amis, enfants, promeneurs du dimanche ou de tous les jours, ils cheminent sur la route goudronnée, désormais divisée en deux : une piste pour les vélos, une autre pour les piétons, délimitée par une longue bande d'oyats. Depuis 2009, la route de la Corniche était en travaux afin d'ouvrir le paysage et de mettre en valeur la nature. Pour 2012, elle est toute prête, toute neuve, et s'appelle désormais la « promenade de la Corniche », interdite aux quatre roues.
« Les voitures, c'était l'horreur ! » La route chemine lentement entre mer et dune, et longe le cordon dunaire jusqu'à la pointe du Touquet. Une vraie balade nature pour ceux qui savent apprécier les charmes de l'estuaire. Tous les matins, malgré la pluie et le vent, Patrick marche à un bon rythme, de la musique dans les oreilles : « C'est vraiment très agréable. Moi j'apprécie énormément ce changement, et le belvédère est très réussi. Les voitures, c'était l'horreur ! », s'exclame-t-il, un peu essoufflé. En effet. La corniche offre l'avantage d'être suffisamment éloigné de la route pour ne plus entendre le bruit des automobiles. On tend l'oreille, et on entend le bruit des vagues. A l'abri derrière les dunes et les oyats, on est entre ciel et mer. Désormais, on peut se rendre de la base sud à la base nord sans descendre de son vélo. Un « petit coin de paradis » pour Jean-René et son épouse, qui habitent au Touquet depuis des années et redécouvrent les joies de la marche près de la baie de canche. Ils sont tombés amoureux de ce lieu et s'y rendent maintenant régulièrement.
« A chaque aménagement, on a peur » Le but était d'ouvrir le paysage. C'est réussi. Désormais, en partant de la base nord, après quinze minutes de marche, on découvre au fond du sentier la mer dans toute sa splendeur. La route offre aussi, à la base sud, une vue imprenable sur la baie de canche, surtout lorsqu'on a le courage de grimper jusqu'à l'observatoire. Marc, un adepte de la corniche, n'hésite jamais à venir admirer le paysage marin : « Tout ce changement, ça fait du bien. Mais c'est certain qu'on ne peut pas contenter tout le monde », confie le marcheur. Car les aménagements n'ont pas fait que des heureux. Il y a des mécontents, voire même des déçus. « Moi je fais du vélo tous les jours, et je vois bien que les gens ne respectent pas les règles : les piétons marchent sur la piste cyclable, c'est n'importe quoi », se plaint Jacques, qui brave la tempête à vélo. La route de la Corniche a laissé la place à la promenade de la Corniche, et s'est faite au détriment d'une partie de la végétation. « Il y avait des arbres qui sentaient tellement bon, un beau bosquet... Tout a été décimé », se désole Stéphanie, habitante du Touquet. « A chaque aménagement dans cette ville, on a peur », renchérit Gérard. En tout cas, malgré le désappointement, la Corniche reste un des sites les plus prisés de la station.
Mathilde DONDEYNE
Journal de Montreuil
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