Sur l'initiative de Paulette Hopital des « Amis du Figra », secondée par Merlimont Passion et la Municipalité, les projections ont repris le 21 Septembre à la Salle Polyvalente, sept séances gratuites ayant déjà été proposées avec succès l'année dernière.
Ceci pour donner un petit aperçu du Figra (Festival international du grand reportage d'actualité) qui se déroule tous les ans au Touquet, sur 4 jours passionnants, où des films de grande qualité sont présentés.
C'était évidemment le cas pour cette première séance de la saison, et le reportage de Mr Pitten sur « Les matelots d'Etaples ». Jean Pierre Lepage, Président des Amis du Figra, présenta le film aux spectateurs nombreux et attentifs, au premier rang desquels Mme Jean François Rapin. Quant à Léonce Deprez, fondateur du Figra, il ne quittait pas la casquette que lui ont offert les Marins d'Etaples à la suite d'une intervention à l'Assemblée Nationale, où il avait exposé et défendu le point de vue des pêcheurs avec sa fougue habituelle.
Il s'agissait d'un reportage très réaliste, avec une grande qualité de lumière et d'image. Les prises de vue et interview des patrons pêcheurs réalisés en pleine mer étaient simples et forts, la mise en scène intelligente et efficace.
Maintenant les 47 bateaux restants font 23/24 mètres maximum, sachant qu'au dessus de 20m on passe à la pêche semi industrielle, pour pouvoir servir la grande distribution et ne pas perdre certains marchés.
Comprenant que « seul, c'est fini ! », les marins d'Etaples ont crée il y a quelques années leur coopérative, la CME, appliquant leur devise « Partage et Solidarité ». Mais tous regrettent l'époque où ils choisissaient la mer pour la liberté du métier : « Avant, on était fier d'être marin, on avait hâte de finir l'école des mousses pour partir en mer. Vaillance, générosité, fierté étaient les qualités du marin. Maintenant le marin n'est plus libre, les contraintes sont de plus en plus importantes chaque année. » Beaucoup sont révoltés et assez désabusés devant les consignes de pêche, et surtout le rejet des surplus à la mer. Les artisans pêcheurs, avec la connaissance du métier, et l'expérience récoltée durant plusieurs générations, n'ayant pas la même vision que les scientifiques, même si l'Ifremer « tente » de travailler en commun avec les marins.
Certains pensent également que le salut des pêcheurs est le retour aux bateaux de 18/20m, afin de travailler pour l'homme, sans prendre de risques inutiles, en restant à quai par gros temps, pour faire vivre sa famille et ne plus travailler pour payer l'outil. A ce niveau, les plus petits bateaux sont plus sélectifs, plus économes, et donc plus rentables. Tous sont conscients du besoin de protéger la ressource, et désirent une pêche plus raisonnée. Ils respectent les maillages, et ne veulent plus toucher de l'argent pour rejeter leur pêche à l'eau.
Et pendant ce temps là, comme dans un mauvais rêve, on voit des bateaux de pêche industrielle de plus de 30 m, venant de l'étranger, beaucoup plus performants, puisant dans les lieux de pêche au détriment des ressources, et vendant sur Boulogne... (En Décembre, attribution des quotas fixés par l'Union Européenne...)
Danielle CHARTIER
« L'urgence de créer une véritable démocratie européenne apparaît évidente. La vérité de la vie des matelots éclate à travers ce film. »
Léonce Deprez, ancien député maire du Touquet.
MERLIMONT
Journal de Montreuil
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