Il est des villages qui deviennent résidentiels, comme St-Josse ou St-Aubin, et il en est d'autres qui évoluent en petits bourgs. C'est le cas de Neuville-sous-Montreuil, qui n'est pas une ville, puisque grosso-modo, le village s'étire sur deux rues et le quartier de la Fosse Bourguignonne, mais qui a développé une certaine densité commerciale péri-urbaine.
La proximité immédiate de Montreuil n'empêche pas Neuville d'avoir deux boulangeries, une charcuterie, une supérette, deux cafés, une pharmacie et un médecin, des artisans en nombre. Bref, tout ce que recherche un citadin qui ne veut pas habiter en ville.
Rive droite
de la Canche Jusqu'il y a un quart de siècle, Neuville était un axe de passage intense, car la RN 1 traversait le village. Elle a ensuite été déviée dans les marais et laisse l'agglomération sur le côté, pas tout à fait dans le calme car la route de St-Omer draine un important trafic. Si Neuville est « sous Montreuil », c'est parce que le voisinage du chef-lieu est étroitement lié au développement du village. C'est aussi à cause de la différence d'altitude entre les deux communes, Neuville étant dans la vallée, du côté de la rive droite de la Canche.
Ceux qui s'intéressent au patrimoine connaissent Neuville pour la Chartreuse. Ne revenons pas sur l'histoire mouvementée de ce monastère construit par Robert III, comte de Boulogne au XIVe siècle, et qui abrita longtemps un établissement pour handicapés. Cette histoire chargée n'est pas encore apaisée car sa transformation en centre mi-résidentiel, mi associatif est loin d'être achevée. C'est un ensemble remarquable, dont la plupart des bâtiments ont été reconstruits au XIXe siècle.
Belles demeures Le patrimoine de la commune compte quelques belles demeures dans le centre du village, un ancien moulin à vent transformé en résidence, et la grande ferme du Vert-Bois sur le plateau, près d'une ancienne voie romaine rectiligne. L'agglomération de Neuville est condensée. Les deux rues principales sont bordées de maisons de ville, qui présentent une grande diversité. Certaines sont édifiées à deux niveaux et ont une apparence cossue. D'autres sont plus modestes, mais la plupart des habitations possèdent un jardin.
Neuville-sous-Montreuil est un village qui vit. Peu de résidences secondaires, beaucoup de familles, des retraités. Le village est animé tous les jours, d'autant plus que les commerces sont disséminés. Ils bénéficient du trafic quotidien des alentours.
Neuville a aussi une vocation touristique. En dehors des visites de la Chartreuse, un petit cimetière indien est parfois fréquenté dans le cadre du tourisme de la mémoire. Il est soigneusement entretenu.
Vue imprenable Dans une jolie maison qu'ils ont fait construire dans la tradition de l'habitat picard, M. et Mme Fourdinier, anciens agriculteurs de la ferme de la Chartreuse, ont ouvert deux chambres d'hôtes. Leur maison bénéficie d'une vue imprenable sur les bois et les prairies humides. Le couple a choisi de prendre sa retraite à quelques pas de la Chartreuse, où les parents de Mme Fourdinier sont arrivés en 1932. Tous les deux apprécient le village pour sa diversité commerciale.
A l'autre bout de la commune, Guy Trupin n'a jamais quitté Neuville. Après avoir travaillé aux Ets Beuvain, ils jouit d'une paisible retraite dans une maison modeste, mais coquette et avec un jardin bien entretenu.
Neuville a aussi de nouveaux arrivants, comme Bérengère Vaillant, qui s'est établie ici il y a deux ans pour suivre son compagnon Johann. « C'est bien, parce que ce n'est pas la ville », dit-elle. C'est bien la spécificité de Neuville, rester un village tout en ayant les atouts d'une petite ville.
Pierre LEDUC Mathieu VERGOIN
Journal de Montreuil
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