L'annonce de l'ouverture en Turquie d'une unité de production d'alternateurs a mobilisé les syndicats de l'usine d'Étaples, qui craignent pour sa pérennité
Il y a trois semaines, le Préfet du Pas-de-Calais venait rendre à l'usine Valéo d'Étaples une visite de courtoisie. Les responsables du site d'Étaples avaient présenté au député et au Préfet les atouts de l'usine et une visite avait été organisée.
On avait vanté la bonne santé et le savoir faire de l'unité étaploise, reconnu dans le groupe.
Mais quelques jours après, les responsables syndicaux apprenaient que le groupe va ouvrir une unité de production en Turquie, qui devrait fabriquer 15 % des alterno-démarreurs. Ce produit innovant et dont la technologie était jusque maintenant l'exclusivité de l'usine d'Étaples est porteur d'avenir et doit notamment équiper une partie de la gamme PSA et la Clio. Cette annonce a suscité une vive émotion au sein du personnel et Daniel Fasquelle, député, a organisé au pied levé une rencontre entre les représentants syndicaux et Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, à l'Assemblée Nationale. Vendredi, le député a fait un nouveau point avec les syndicats. « La direction du groupe nous explique que ce développement en Turquie doit faire face à l'augmentation de la demande dans cette zone géographique. Mais je comprends que les salariés aient besoin de garanties sur ce point. » Des salariés qui ne croient qu'à moitié leur direction. « Ce qui nous inquiète, c'est que l'usine d'Étaples emploie 377 intérimaires. Ce sont eux qui risquent de faire les frais d'une baisse de l'activité à Étaples » explique un syndicaliste. « L'usine d'Étaples est rentable car elle travaille 7 jours sur 7. Si ce n'était plus le cas, ses résultats financiers seraient moins bons et on peut craindre que la direction en profite pour justifier un jour une fermeture du site ».
Daniel Fasquelle comprend les inquiétudes des représentants du personnel et demande lui aussi que la direction les apaise. « Valéo a bénéficié d'aides l'État à travers les mesures prises en faveur de l'industrie automobile et la communauté de communes a accompagné son développement en limitant la charge fiscale de la taxe professionnelle il y a plusieurs années, puis en aménageant un giratoire, et bientôt un parking, puis une voie qui reliera l'usine à son dépôt ». Et le député ajoute : « Les engagements de Valéo vis-à-vis de l'État doivent être tenus, même pour l'usine d'Étaples ».
En attendant, les syndicalistes s'inquiètent de constater que l'espace réservé à une nouvelle chaîne de fabrication reste désespérément vide et que les machines qui y étaient destinées ont pris une destination inconnue...
Pierre LEDUC
Journal de Montreuil
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