Les gendarmes de la brigade de Calais sont sur le point de boucler une affaire plutôt insolite.
Au commencement, il y a un site de rencontres gratuit sur internet.
Un site très connu, qui prend la forme d'un réseau social et qui compterait, à ce jour, près d'un million de membres en France.
C'est via ce site internet que l'escroc, originaire de Saint-Josse, entrait en contact avec ses futures victimes. De prime abord, le "Don Juan" ne faisait pas mystère de ses intentions : il recherchait des compagnes d'un soir pour des relations sexuelles. Des relations qu'il se proposait de surcroît de rémunérer, moyennant la somme de 500 euros.
Des relations sexuelles...
contre 500 euros C'est ainsi que deux femmes, une première originaire de Marquise, une seconde de Boulogne, ont accepté les propositions vénales de cet internaute un peu particulier.
Le couple convenait alors d'un rendez-vous, aux fins de "consommer" l'accord précédemment conclu. Mais l'homme avait une autre idée en tête. Leurs ébats terminés, il leur proposait de les rétribuer via un virement sur leur carte bleue, plutôt qu'en pièces sonnantes et trébuchantes. À la simple condition qu'elles acceptent de lui fournir leur numéro de la carte bancaire, pour qu'il puisse procéder à l'opération.
Crédules, les deux victimes se sont empressées de le lui donner.
Ne voyant rien venir sur leur compte bancaire, leur inquiétude s'est muée en véritable panique, à la vue de leur compte qui, au contraire, s'amenuisait dangereusement par des dépenses qui n'étaient pas de leur chef... Dans le plus grand désarroi, elles prenaient leur courage à deux mains, n'ayant plus d'autre solution que d'aller porter plainte. Elles racontaient alors aux militaires leurs mésaventures. Les gendarmes de Calais, grâce aux serveurs internet et au fournisseur d'accès, n'allaient pas tarder à mettre la main sur notre individu peu scrupuleux. Il s'agit d'un homme de 33 ans. Interpellé, il a été placé en garde à vue. Il aurait reconnu les faits. Remis en liberté, l'homme devrait prochainement répondre de ses actes devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-Mer.
Muni du numéro de carte de ses victimes, il aurait effectué divers achats sur internet, et se serait essayé à divers jeux en ligne. « Pour l'heure, nous chiffrons le préjudice à 2670 euros », font savoir les enquêteurs.
Car l'enquête est loin d'être terminée. L'ordinateur de l'escroc a été saisi. « Nos spécialistes basés à Arras sont en train de le décortiquer », indiquent les gendarmes. Qui soupçonnent l'individu d'avoir berné d'autres victimes. Des victimes qui, elles, n'auraient pas eu la force d'aller porter plainte. On imagine aisément le caractère délicat d'une telle démarche. Pour prendre l'exemple d'une des deux victimes identifiées, celle-ci, mariée, avait donné le numéro de carte bleue... de son époux.
Stéphane DANGER
Journal de Montreuil
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