L'espace d'une soirée, on a bien compris que l'identité nationale était une notion très abstraite au sein de laquelle chacun peut mettre ce qu'il veut. Le débat a eu lieu mais on n'est pas plus avancé...
Tout le monde a pu s'exprimer librement. Chargée de l'animation de la première réunion sur l'identité nationale souhaitée par le ministre Eric Besson, Martine Clavel, la sous-préfète, a mené habilement les débats pour éviter la cacophonie et les propos trop virulents.
Pourtant dans la salle des fêtes de Wailly-Beaucamp bien remplie, une grande majorité des personnes présentes était venue avec des idées bien précises qu'ils ont pu exprimer parfois avec force. Ainsi, dès les premières interventions du public, le ton était donné. « Quand je vois qu'on brûle le drapeau français ou qu'on siffle la Marseillaise, je serai capable de commettre un crime » lance le Berckois Jules Vasseur. Pierre Brussart, de Labroye lui non plus n'y va pas avec le dos de la cuillère et pose le débat entre d'autres termes : « Le problème vient de la famille. Je pèse mes mots, l'élevage des enfants est mauvais. Je propose un service civique de 15 mois pour filles et garçons ». Murmures dans la salle... Pierre Balavoine, président du Souvenir Français, évoque la situation des individus à la double nationalité. C'est une franco-ivoirinenne qui lui répond.
Ainsi au fil des interventions tout le monde s'aperçoit que la définition apportée en début de réunion par le maire de Montreuil, Bruno Béthouart -qui est aussi un éminent professeur d'histoire- n'apporte aucune vérité en ce qui concerne la nation et par conséquent l'identité nationale. « Qu'est-ce que la nation ? » En quelques minutes le spécialiste a montré que des groupes humains pouvaient se rassembler avec des valeurs et des symboles communs qui les amènent à vivre ensemble. Mais tout ceci est mouvant. Les nations européennes se sont construites sur l'établissement de frontières, aujourd'hui celles-ci tombent, les populations évoluent dans l'espace au gré des besoins économiques. C'est ce que le maire de Berck fils d'immigré a voulu exprimer à travers un témoignage sincère. « Mes parents sont venus en France avec l'immense respect du pays qui les a accueillis. Il s'est naturalisé français et en était très fier. » Un exemple pour tous ceux qui craignent la dérive des communautarismes. « La nation était un équilibre entre la diversité et l'unité » a conclu Daniel Fasquelle, le député co-organisateur de cette soirée.
Luc FARISSIER
Journal de Montreuil
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