Une société d'exploitation du cheval pour réduire la pollution propose une alternative ambitieuse pour l'environnement : en finir avec le camion à ordures. La municipalité ne ferme pas la porte.
La résurrection de méthodes ancestrales pour favoriser l'environnement est une tendance actuelle.
Après le jardinage bio et la récupération des eaux de pluie, le ramassage des ordures à cheval, comme au temps des cantonniers, en est l'ultime exemple.
Mardi et mercredi derniers, les passants se sont arrêtés pour admirer ce spectacle pas banal. L'odeur nauséabonde des déchets qui s'amoncellent dans la benne était remplacée par celle... du crottin de cheval. La société Astradec a proposé à plusieurs collectivités de tester cette forme de ramassage. La municipalité du Touquet a accepté.
Une démarche éco-responsable L'entreprise audomaroise met le cheval au coeur d'un processus d'amélioration du bilan carbone : « Pour ce qui est du ramassage des déchets, vous n'avez plus de camion, donc vous avez une économie d'énergie importante », explique Lucien Bonvoisin, responsable du développement à Astradec. « Notre initiative est bien accueillie dans les communes du secteur. Cela montre qu'il y a une possibilité de faire bouger les choses ».
Une solution
qui a ses limites Reste que le système est moins rentable que le ramassage par camion : « Vous ne pouvez pas tasser dans une remorque comme dans une benne. La quantité de déchets récoltée à cheval est moindre », ajoute Lucien Bonvoisin. Cette forme de ramassage est donc exclue, parce que trop chère, pour les ordures domestiques. Elle nécessiterait aussi un lève-conteneurs, difficile à installer sur une calèche. Moins rapide que le camion, la collecte à cheval ne peut s'adapter qu'à des surfaces relativement modestes. Pour Lucien Bonvoisin, « sur une commune comme le Touquet, elle serait surtout adaptée au centre-ville et à la digue ».
C'est là que les tests ont eu lieu. Mardi, les cartons des commerces de l'hypercentre ont été enlevés. Le lendemain, c'était au tour des poubelles du bord de mer. Passants et commerçants ont plutôt apprécié la démarche.
Objectif 2011 ? Jean-René Delcroix, responsable des services techniques de la ville, partage cet enthousiasme : « Nous avons eu de bons échos. Les gens se rendent compte que le but est d'améliorer la qualité de leur environnement ». Le directeur l'affirme sans détours : « Le but pour nous, c'est de voir comment on peut rendre cette collecte permanente dans les années à venir ». Cet essai a-t-il été demandé en vue d'une adoption au budget municipal de 2011 ? « Ce n'est pas à moi de le dire », répond M. Delcroix, « mais je sais qu'il est prévu d'en rediscuter avec les élus concernés à la fin de l'année ». Une fois la promotion de ce ramassage éco-responsable achevée, Astradec envisage déjà d'autres tests. Pour Lucien Bonvoisin, « il est tout à fait imaginable que le cheval serve aussi au transport de personnes en ville ». La voiture n'a qu'à bien se tenir... Alexis CUVILLIER
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