Dépenser l'argent que l'on n'a pas, c'est parfois beaucoup plus facile que de se limiter à dépenser l'argent dont on dispose.
Une jeune femme a sans doute cru avoir décrocher une sacrée bonne idée, à Berck, en 2010, même si le délire financier n'a duré que quelques mois et qu'elle a du en répondre devant le tribunal correctionnel, à l'identique de deux des ses comparses, qui plaident haut et fort leur innocence, bien qu'elle les incrimine lourdement.
En août 2010, la jeune femme ouvre trois comptes bancaires dans trois établissements de l'arrondissement de Berck. On lui délivre...sans doute fort imprudemment, puisque les comptes ne sont pas approvisionnés...un chéquier et une carte bancaire...elle en use et en abuse, mais pas seule, selon elle ( en compagnie des deux autres comparses de la procédure) : 30 chèques émis sur 40 formules pour un préjudice total de 12 549,75 euros, 31 utilisations de la carte bancaire pour un total de retraits de 7 102,32 euros...des tickets SNCF, des ordinateurs, des I-Pods, des abonnements téléphoniques, des alcools, des courses alimentaires, du tabac...
L'idée viendrait d'un garçon qu'elle connaît, « un peu », selon elle, et qui lui aurait fourni un passeport volé un an plus tôt, sur lequel elle a apposé sa photo, et une facture à cette même identité, revêtue d'une adresse -bidon-, adresse en fait d'une simple boite aux lettres située dans un couloir, dans une maison deBerck...rue Rothschild.
Elle explique : « Ce garçon qui m'a donné l'idée avait en permanence en sa possession les moyens de paiement qui m'ont été délivrés. Il me les donnait pour faire des achats pour lui, parfois avec lui, ou seule, en voiture, celle de mes parents ou celle de sa copine ( une des co-prévenues de la même procédure ). On revendait, et ça faisait de l'argent facile...il m'a dit de me payer l'alcool et la nourriture pour mon mariage de cette façon là...».
Mais protestant de sa bonne foi, le garçon raconte, à son tour : « Moi, je savais qu'elle n'avait pas un sou et qu'elle allait se marier...je l'ai mise en relation avec « Z », une connaissance en région parisienne. Puis, elle s'est débrouillée avec lui. Je ne sais rien du tout de ce qui s'est passé entre eux. Dans tout ça, je n'y suis pour rien...et je n'ai profité de rien. Durant cette période, j'ai été hospitalisé et je suis parti de suite dans les Alpes Maritimes où je travaille ».
Quant à la troisième comparse du dossier, elle a bénéficié « de deux flacons de parfums entamés », que la première prévenue lui a offert: « Rien de plus...j'ai bien vu qu'elle dépensait beaucoup alors qu'elle n'avait pas un sou et qu'elle ne travaillait pas, mais je ne lui ai rien demandé, je ne lui ai pas posé de question...». La jeune fille était tout de même témoin à son mariage...!
Du sursis, ou de la prison ferme, suivant l'implication et le passé de chacun, requis par le vice procureur, qui soutient la culpabilité de chacun des protagonistes.
Mais des relaxes plaidées en défense pour ceux qui nient les faits et de la clémence pour l'autre prévenue qui a dit les choses, pas tout à fait comme les autres prévenus auraient voulu l'entendre.
Décision de la juridiction le 6 mars 2012, à 8 heures 30.
B. G.
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