Contrairement à ses voisins du pays des 7 Vallées, Jean-Jacques Hilmoine, président de la communauté de communes du canton de Fruges, n'a fait qu'une simple allusion à la fusion des EPCI lors de la cérémonie des voeux préférant de loin axer son propos sur les projets et là, il y a de quoi dire.
Après moultes discussions et surtout une solidarité sans faille des 25 conseils municipaux, la communauté de communes reste seule et a jusqu'en 2015 pour poursuivre ses projets. Une période de trois ans où il sera toujours possible d'étudier une éventuelle fusion avec un territoire voisin. Le président évoque l'agglomération audomaroise, Le Haut-Pays avec Hucqueliers Lumbres ou encore Fauquembergues mais pas les 7 Vallées.
Puis, il s'est interrogé sur le devenir des collectivités dans le domaine financier avec la réforme de la taxe professionnelle qui a réduit l'autonomie de l'intercommunalité à 40 % au lieu de 70 auparavant. « Depuis 2002, les investissements et le fonctionnement se sont faits sans prélever un euro dans la poche du contribuable et nous avons encore les moyens de poursuivre notre développement si rien ne change », indiquera le président qui rappelle que 2012 verra la poursuite de l'écriture du projet 2014/2025.
Urbanisme Après le diagnostic posé en 2011, le projet d'aménagement et de développement durable sera écrit dans le cadre du plan local d'urbanisme intercommunal organisé autour de 4 pôles regroupant un nombre variable de communes. Il traitera des zones constructibles, des paysages, de l'habitat, du commerce, de l'artisanat, de l'agriculture, de l'environnement, de la trame verte et bleue, des zones humides, de l'organisation des écoles, de l'assainissement, du tourisme, de la culture et des transports. Le président espère valider ce document prospectif pour fin 2013 et l'inscrire dans le SCOT (schéma de cohérence territoriale) de l'Audomarois puisque le syndicat mixte de la Lys et de l'Audomarois a accepté la candidature du Frugeois.
Santé Outre l'hôtel communautaire et la pépinière d'entreprise sur la friche Legrand, 2012 verra l'ouverture de la maison de santé le 14 mai prochain, le résultat d'un travail immense avec les professionnels afin de lutter contre la désertification rurale et assurer un véritable programme pluriannuel de prévention et de promotion de la santé. « Pour respecter l'engagement des tarifs de location, la communauté de communes investira plus d'un million d'euros et assurera une partie importante du fonctionnement, l'Etat étant toujours défaillant dans ce projet ».
Cette maison sera intégrée dans l'espace de santé qui comptera également l'hôpital de jour en psychiatrie du CHAM qui ouvrira cet été. Toujours dans ce domaine de la santé, l'élaboration du projet d'un béguinage semi spécialisé, d'une halte répit journalière et de l'accueil temporaire de personnes âgées dépendantes est sur les rails pour le domaine Boudenoot qui pourrait aussi accueillir une nouvelle gendarmerie.
Office des sports Après ceux du tourisme et de la culture, un office intercommunal des sports et de la jeunesse est à l'étude avec des réflexions sur l'aménagement du stade des Charbonniers avec une piste d'athlétisme, la construction d'un centre culturel regroupant une médiathèque, un espace dédié à l'histoire du haut-pays et du patrimoine, une salle de cinéma et de concert.
Eoliennes Alors que 70 aérogénérateurs sont déjà en service, que RTE a investi 23 millions d'euros dans le poste source de Coupelle-Neuve, la CCCF envisage la création d'une zone de développement éolien complémentaire. « Si on installe 30 nouvelles éoliennes, j'aurai beaucoup de regrets car à 100 machines dès le début l'usine allemande serait implantée à Fruges ».
Abattoir Un autre dossier qui demande beaucoup d'énergie au président Hilmoine qui défend cet équipement public depuis de nombreuses années.
« Il y a 10 ans, je disais que Fruges resterait le seul abattoir public et ce sera bientôt fait avec la fermeture annoncée d'Hazebrouck », dira le président Hilmoine qui est revenu sur une année 2011 difficile en raison de problèmes sanitaires, de management, d'une fermeture temporaire, d'un chevilleur pas sérieux, des rattrapages de salaires, d'une indemnité de rupture conventionnelle du contrat de travail du directeur. Aujourd'hui, l'abattoir est dirigé par Kévin Lamirand qui a déjà oeuvré à la récupération de la classe 2 et devra atteindre l'objectif des 4 400 tonnes en 2012.
Après la bataille pour préserver l'emploi des 25 salariés et garder un outil au service de l'aménagement du territoire pour les éleveurs les bouchers, les particuliers, les chevilleurs, Jean-Jacques Hilmoine se penchera sur l'avenir de l'abattoir qui devrait rester public mais géré par une société privée. « Si ce n'est pas le cas, la vente à une société privée pourrait être envisagée par la communauté de communes ».
Mauricette FA
« L'attentisme ne fait pas partie de mon comportement. Il faut aller de l'avant malgré les inquiétudes »
Jean-Jacques Hilmoine, président de la communauté de communes du canton de Fruges
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