Aujourd'hui, quand un feu se déclare, c'est le déferlement d'engins motorisés qui se déplacent avec les sapeurs-pompiers.
Du matériel moderne qui permet de lutter contre les flammes.
Mais à Caumont, les habitants, surtout les anciens, ont la nostalgie de la pompe à bras qui a souvent évité le pire lors de sinistres.
Le jour de la fête nationale, beaucoup sont admiratifs devant cet engin que les municipalités successives préservent avec grand intérêt.
Du 17ème siècle Les pompes à bras sont apparues dès le 17ème siècle et ont été utilisées jusqu'au début du 20ème. Elles sont équipées d'une cuve, remplie parfois avec des seaux, d'un balancier qui permet à la force des bras de manoeuvrer des pistons qui projettent l'eau dans une cloche reliée à un ou plusieurs tuyaux d'arrosage.
La pompe à bras de Caumont date selon les anciens du 19ème siècle et elle a été longtemps utilisée.
8 hommes à la manoeuvre « Dès qu'un feu se déclare de jour comme de nuit, on va à l'église et on sonne. Les gens savent ce qui se passe et rapidement du monde arrive pour sortir la pompe à bras et l'emmener sur les lieux du sinistre », explique Michel Wojcik, qui n'était pas le dernier à se précipiter pour activer l'engin.
Il faut 8 hommes pour activer cet engin. Ce n'est pas la puissance mais plutôt le rythme coordonné qui est efficace pour assurer la continuité et la pression du jet. « Il faut du monde car on ne peut pas activer le mécanisme pendant des heures, il fait être relayé », explique M. Wojcik qui se souvient que dans les années 50/60, Caumont avait une équipe de pompiers avec un capitaine, Raymond Halipré.
Evoquer la pompe à bras, c'est rappeler beaucoup de souvenirs même chez les plus jeunes comme le maire Eric Révillion ou encore André Wambergue, lui a qui a vécu un feu de dépendances dans sa ferme, il y a environ 25 ans.
« Quand les sapeurs-pompiers d'Hesdin sont arrivés, le feu était éteint grâce à notre pompe à bras et à toutes les bonnes volontés car avec notre engin, nous sommes opérationnels dans les 10 minutes ».
Des images reviennent à la mémoire comme ce déplacement au hameau de Coquichart où « on a utilisé un tracteur pour tirer la pompe à bras mais pas question de l'atteler puisqu'elle est toujours articulée avec un brancard à chevaux. Avec Jean-Claude Polmart, nous étions deux à la tenir derrière le tracteur », raconte André Wambergue et ce n'est pas si vieux puisque ce sinistre date d'une vingtaine d'années.
« Autre souvenir, le feu chez Roger Savreux, il y a une quarantaine d'années, où nous prenions l'eau au forage chez M. Royon, la solidarité fonctionnait à merveille », explique encore le maire Eric Révillon qui a cette époque avait une dizaine d'années.
Ces souvenirs sont bien vivaces et la sortie de la pompe à bras, chaque année au 14 juillet, est là pour les rappeler et surtout pour attirer l'attention des plus jeunes qui mettaient d'ailleurs beaucoup de vitalité pour actionner cet engin qui fait partie du patrimoine local.
Les nouveaux habitants étaient également surpris de découvrir cette pompe à bras toujours en état de marche.
« Rangée dans un bâtiment près de la place, la pompe à bras a résisté à l'accident avec le car du ramassage scolaire pendant la période enneigée, accident qui détruit l'abri. Depuis, elle est remisée dans un lieu tenu secret car nous voulons la préserver », précise le maire qui se souvient que dans sa jeunesse, elle sortait également le jour du 11 novembre.
L'exercice symbolique avec cette pompe à bras est le clou des festivités du 14 juillet qui ont débuté par une cérémonie au monument aux morts suivie de jeux (tirs au but, tir à la carabine, fléchettes, pêche à la bouteille et course en sac) sans oublier la distribution de bonbons et de brioches aux enfants.
Mauricette FA
Journal de Montreuil
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