Durant près de deux heures, Daniel Percheron, président de la Région, a écouté les diverses actions et les projets du pays des 7 Vallées. Sa seule réponse a été « suggérez, inventez et la région sera financièrement à vos côtés ».
Dans le cadre de la contractualisation 2012 - 2014, le conseil régional du Nord-Pas-de-Calais et surtout son président Daniel Percheron va à la rencontre des élus de terrain en rappelant que le pays est une entité importante pour le développement d'un secteur tout comme les intercommunalités, une façon d'exprimer son désaccord avec les projets de fusion d'EPCI, prévue par l'État.
Les 4 présidents des communautés de communes des 7 vallées (Hesdinois, val de Canche et d'Authie, canton de Fruges et Canche-Ternoise) entouraient le président Jean-Claude Darque pour accueillir Daniel Percheron et Emmanuel Cau, vice-président en charge de l'aménagement du territoire et de l'environnement, au centre historique médiéval, inauguré le 10 juillet 2001. Un centre qui comme l'a signalé le maire, Bernard Boulet, est en phase de réflexion pour devenir un lieu de référence et de découverte du Moyen Âge, une opération qui aura encore besoin de la région.
Regard sur les actions 94 communes, 38 000 habitants, le pays des 7 Vallées, né dans les années quatre-vingt-dix, a un caractère rural qui a besoin d'un traitement différencié pour plus d'oxygène dans ses actions.
Le président Darque a tracé les grandes lignes d'actions de l'agence de développement, structure qui donne l'impulsion et les orientations, accompagne, développe les projets des acteurs publics et privés du territoire.
L'équipe de 10 salariés, conduite par le directeur Jean-Marie Fauvel, bénéficie d'un budget de 561 000 euros provenant à 45 % de la Région, le partenaire privilégié du pays.
La filière bois, pôle d'excellence rurale état et région, intervient sur les 7 Vallées, le Ternois et le Montreuillois. Elle vivra un temps fort cette année avec l'ouverture à la rentrée de la maison du bois, lieu d'expérimentation et de référence du monde professionnel avec des formations de proximité pour les apprentis, les scolaires et les salariés.
Le plan local de développement économique a permis depuis 2007, un contact avec le milieu économique. l'action se poursuit avec le volet formation et qualification.
7 Vallées développement initiative a consenti, en 2010, 25 prêts d'honneur pour 140 000 euros dans le cadre de la création, la transmission et la reprise d'entreprises.
Programme régional, Boutic, porté avec le cyber centre d'Auchy-les-Hesdin, a vu 150 professionnels se former à l'outil informatique à et l'internet.
Starters du développement économique, le programme Leader se prolonge jusqu'en 2013 avec une enveloppe de 1 170 000 euros de subventions.
Actuellement, 30 dossiers sont programmés pour un investissement à plus de 1 million d'euros soit un quart de l'enveloppe d'aides.
Le tourisme et le patrimoine restent des outils forts du pays qui doit s'appuyer sur ces richesses pour agir, une étude du patrimoine est lancée ainsi que le projet de création du relais des 7 vallées, une vitrine pour découvrir le territoire, ses savoir-faire, son cadre de vie, son environnement.
Dans le cadre des mesures agrienvironnementales, 55 agriculteurs sont impliqués pour 153 000 d'aides par an dans la création de 110 km de haies, 503 ha de prairies gérés de manières extensives avec une limitation de fertilisation et 14 ha de parcelles enherbées. Le pays est également engagé dans le processus « Trame bleue - trame verte ».
Dernier volet d'action, la santé qui, avec le Montreuillois, vient d'obtenir un pôle d'excellence rurale. Dans ce domaine, la maison de santé pluridisciplinaire de Fruges en construction est pionnière dans la nouvelle offre médicale et paramédicale.
« Il faut faire vivre toutes ces actions. Le pays 7 Vallées est une grande famille qui se dispute, se chamaille, chacun défend son pré carré. La politique de pays est un idéal de coopération mais je me pose beaucoup de questions sur l'avenir de ce pays dans le cadre de la réforme territoriale », expliquera Jean-Claude Darque qui s'interroge sur la place et l'utilité du pays si les 4 EPCI qui le composent ne forment plus qu'un.
Le pays, structure pertinente Dans le Pas de Calais, il n'y pas de véritables grandes villes, l'intercommunalité a donné, depuis 10 ans, des pôles urbains mais aussi un outil pour les 750 communes rurales », soulignera le président Percheron qui insistait « le monde rural doit être fondamental dans l'aménagement du territoire. Pour la ruralité, l'échelle du pays est pertinente tout comme les intercommunalités où le préfet doit tenir compte des avis du terrain. Il faudra que les élus aient le premier et le dernier mot dans cette réforme territoriale ».
Des paroles entendues avec bonheur par ceux qui veulent préserver leur indépendance comme Fruges ou encore les maires des 5 communes de Canche-Ternoise qui veulent se rapprocher du Ternois (NDLR : réponse en fin d'année).
Principal financeur de la politique de pays, la Région met les moyens pour guider les actions cohérentes.
Transports difficiles entre le milieu rural et les régions urbaines, tourisme, agriculture et ses variantes biologiques, santé et la pénurie de médecins qui veulent s'installer en milieu rural, toutes ces questions émanaient de la salle.
Pour chaque sujet, le président Percheron a martelé la même réponse : « Si le pays s'affirme dans ces dossiers, vous aurez le répondant de la région qui a une capacité d'investissement de 700 millions par an. Imaginez, créez, développez, suggérez et nous serons à vos côtés. Le dispositif pays ne crée pas les produits mais l'écrin ».
Ce dialogue a permis d'évoquer la maison de santé pluridisciplinaire de Fruges avec le rassemblement des professionnels de santé, des services, la mise en place des nouvelles technologies pour faciliter le travail réseau mais aussi le devenir de l'abattoir de Fruges. « On parle de filières courtes et de bio mais si nous n'avons pas d'abattoir public comment les développer », s'interroge Jean-Jacques Hilmoine qui évoque le pôle d'abattage régional avec Fruges et Hazebrouck avec chacun leur spécificité et la nécessaire valorisation.
Le mot de la fin est revenu à Jean-Claude Darque qui préconise de travailler en harmonie et en adéquation avec la région.
Mauricette FA
Journal de Montreuil
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