Le 4 septembre 1944 est une date qui reste gravée dans la pierre à Offin et Hesmond mais aussi et surtout dans les mémoires et les coeurs.
Elle rappelle le massacre de 16 civils lors de la libération, un lourd tribut payé par la vallée de la Créquoise.
Devoir de mémoire Les monuments témoignent de ces faits dramatiques qui ont touché des familles d'Offin, d'Hesmond et de d'Arques-la-Bataille.
Si la commémoration de cet événements tragique était jusqu'alors commémoré avec faste tous les 10 ans, Roger Houzel et Pascal Deray, maires respectivement maire d'Offin et d'Hesmond, ont décidé de célébrer le 65ème anniversaire. "Si tous les ans, on se rassemble devant les monuments aux morts où les noms des morts sont rappelés, cette année, nous mettons plus de solennité dans la commémoration", explique Pascal Deray pensant aux habitants qui ont vécu ces événements.
"Le devoir de mémoire et du souvenir es très important. L'irréparable a eu lieu en France, il est toujours bon de le rappeler dans le souvenir de la France éternelle", ajoute Roger Houzel.
16 civils tués Les premiers jours de septembre 1944 étaient synonyme d'espoirs pour bon nombre de communes, celle de la libération du joug allemand dont les troupes battaient retraite dans un désordre impensable pour une telle armée.
L'espoir était sur tous les visages mais la guerre n'était pas finie et le nombre de morts augmentaient, les fuyards se défendant jusqu'au dernier moment.
Le 3 septembre, un convoi allemand traîné par des chevaux français accompagnés de cultivateurs venant d'Arques-le-Bataille, des hommes réquisitionnés et contraints de suivre les troupes allemandes depuis 8 jours, arrivait dans le secteur.
Les 8 Normands, lasses d'attendre leur libération se réfugiaient dans la ferme de Louis Surmont à l'écart d'Offin. Dans leur fuite, les Allemands étaient confrontés à des actions de la résistance. Dans la nuit du 3 au 4 septembre, un groupe d'Allemands arrivent de Contes et l'un de leurs officier se fait tuer. En colère, ils interdisent à toute personne civile de circuler dans les rues sous peine de mort.
Après avoir fait prisonnière une jeunes ouvrière agricole de 31 ans à Contes, Mélania Andreickova, les allemands se présentent à la ferme Surmont. Ils donnèrent l'ordre aux 13 hommes présents de les suivre, ordre donné revolver au point. Pendant la marche au lieu-dit "le Comble", Ernest Bisson, 46 ans, fut frappé et abattu d'un coup de revolver. Reprenant sa route, le groupe passe le "chemin de Lenglet" pour descendre vers Hesmond. Au chemin des Vachaux, le chef allemand fit creuser un trou à Roger Surmont et un jeune homme de Dieppe. La suite est dramatique, Louis Surmont, 47 ans d'Offin, Robert Surmont, 20 ans, Louis Surmont, 16 ans, Paul Souffrin, 20 ans, Michel Duhamel, 19 ans, Yves Duhamel, 17 ans, Gérard Fabry, 22 ans, Julien Boucourt, 22 ans, Mélania Andreickova, 31 ans, Jules Duhamel, 43 ans, André Houssay, 18 ans, Marcel parrain, 20 ans, et Abel Cuffel, 39 ans, furent exécutés. René Martin a été laissé pour mort dans cette fusillade et fut donc le seul témoin de cette atrocité. Il est décédé en 1960.
Ne s'arrêtant pas dans leur folie, les Allemands ont abattu Léonce de Bournonville, 68 ans, alors qu'il fumait sa pipe devant sa maison à Hesmond. Un évacué, Louis Maillard du Touquet, 48 ans, qui revenait des champs fut également tué derrière une haie.
Ces faits sont relatés dans un fascicule du comité d'histoire, écrit par René Lesage avec la collaboration de Jean-Claude Beaubâton, longtemps instituteur et secrétaire de mairie à Hesmond et avec les souvenirs d'Octave Delahaye.
La commémoration Organisée par les deux communes avec l'aide de l'association des anciens combattants de Beaurainville, Lespinoy, Hesmond et Offin, présidée par Alfred Herchin, elle a lieu ce samedi 5 septembre, en présence de Martine Clavel, sous-préfète, garante du protocole, en présence de nombreux élus du canton et d'Arques-la-bataille, des anciens combattants et leurs porte-drapeaux et la population.
Elle débutera à 10h avec une messe, célébrée par l'abbé Jan Was à Offin suivie d'un dépôt de gerbes par Léonce Deprez et par Abel Jouvet, ancien combattant, au monument aux morts.
A 11h15 : à partir de la place d'Hesmond, le cortège rejoindra le fond des Vachaux pour un dépôt de gerbes des anciens combattants au pied du monument symbolisant les lieux du drame. Puis, le rassemblement se fera au monument aux morts d'arrondissement pour la pose de gerbe du député Daniel Fasquelle et du maire d'Hesmond. Cette manifestation sera suivie d'un vin d'honneur.
Mauricette FAY
Journal de Montreuil
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