Ce n'est pas de la colère mais un petit coup de gueule quand même. « On parle beaucoup de foot mais jamais des arbitres sauf pour les critiquer » lance, assez vindicative, Laura Ledet, jeune femme de 21 ans, passionnée par sa fonction de "femme en noir".
Contaminée par le virus de l'arbitrage, elle ne compte pas en guérir de sitôt.
Dernièrement, Laura a fait le déplacement au stade de la Licorne à Amiens pour assister à un match de Ligue 2. Rien de plus classique pour quelqu'un qui aime le ballon rond. Sauf que Laura a vu le match du banc des délégués, au bord de la pelouse grâce à ses relations. En effet quelque soit leur place dans la hiérarchie des arbitres, il existe une véritable solidarité entre les mal-aimés du football. Alors quand Laura a vu que Stéphane Lannoy, l'arbitre international français, venait siffler à Amiens, la jeune Rangeoise s'est mise en tête d'aller le rencontrer. Trois clics sur un réseau social et l'affaire est conclue. Rendez-vous à l'hôtel à 17h soit trois heures avant le match. « J'ai été très bien reçue » savoure encore Laura, « on s'est retrouvé dans le hall, on a parlé, on s'est chambré pour savoir qui paierait un verre, c'était très cool ». Stéphane Lannoy et ses compères Éric Dansault, Frédéric Cano et Cédric Dos Santos ont alors expliqué à Laura qu'ils abordaient chaque match de la même façon que ce soit pour une coupe du monde comme pour une rencontre de district. Pas de prise de tête mais une concentration extrême à mesure que l'heure de la rencontre approche. Et Laura ne regrette vraiment pas cette rencontre puisque Stéphane Lannoy lui a donné une place en VIP et l'a même invitée à prendre place sur le banc des délégués. « C'était super intéressant. Je me suis aperçu que tout était noté, tout est minuté, nous en district ou en ligue on n'a pas ces contraintes. Mais je prendrai bien sa place... » sourit la jeune femme plus que jamais à fond dans l'arbitrage.
Des qualités certaines Ainsi, Laura ne regrette absolument pas d'avoir pris un virage à 90° lorsqu'elle avait 15 ans. Elle qui jouait au foot depuis son plus jeune âge a franchi le pas en se rendant à l'évidence que la pratique de son sport favori au sein d'une équipe serait de plus en plus difficile. Alors pour rester au contact du jeu, pour continuer à faire partie de ce sport universel, Laura a pris le sifflet. « Quand j'ai atteint la limite d'âge pour jouer avec les garçons, je n'avais pas envie d'arrêter le foot. J'ai choisi de passer de l'autre côté avec l'arbitrage et je ne le regrette absolument pas. » Depuis on plus jeune âge Laura joue au foot. Première licence à Rang-du-Fliers alors qu'elle n'a pas encore 6 ans, puis Verton, retour à Rang où ses qualités sont reconnues. Laura participe donc aux sélections régionales en compagnie d'autres filles telles Pauline Crammer. Elle joue bien, très bien même au point d'agacer tous les petits garçons de son âge. mais en arrivant à l'AS Berck pour jouer en moins de 13 ans, elle se rend compte très vite que cette fois les garçons ont pris le dessus physiquement. Elle prend rapidement sa décision grâce aussi à ses parents qui vont continuer à la conduire sur tous les terrains de la région mais plus pour la voir jouer au ballon mais pour la voir arbitrer : « Je tiens à les remercier car ce n'est pas facile pour eux.
Il faut que j'arrive avant tout le monde et que je reparte la dernière surtout s'il y a un rapport ».
Les étude s et le ballon Laura a la tête bien faite. Alors pour elle, les lois du jeu et la théorie n'ont guère de secret. Et sur le terrain, elle aime parler. Beaucoup parler. CE qui fait qu'elle est respecter. « Quand je jouais j'avais tendance à râler donc je sais très bien ce qui ce passe dans la tête d'un joueur » estime la jeune étudiante. Après avoir décroché son bac littéraire, Laura a "décroché" une année. « Je pensais que je ne pourrai pas concilier les deux mais cela me manque trop donc j'ai repris cette année ». Une reprise plutôt encourageante puisque Laura est désignée de plus en plus souvent sur des matches de ligue comme dernièrement en division honneur à Boulogne en U19. « Ça vaut le coup, on voit du jeu mais il faut être au top physiquement si on veut suivre. Laura devrait progresser dans le monde de l'arbitrage et peut-être un jour croisera-t-elle de nouveau la route de Stéphane Lannoy sur un terrain... Mais Laura voudrait surtout que les joueurs et les dirigeants arrêtent de lui parler quand ça ne va pas et de l'ignorer quand tout se passe bien, c'est-à-dire la plupart du temps !
Luc FARISSIER
« Je me suis aperçu que tout est noté, tout est minuté dans un match professionnel »
« J'aimerais bien qu'on nous parle quand tout va bien et pas quand il y a un problème »
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