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Montreuil-sur-Mer

CONFERENCE

De Drancy à Bergen-Belsen

mercredi 14.12.2011, 14:00
L'émotion était au rendez-vous L'émotion était au rendez-vous

- Jacques Saurel est venu apporter un témoignage poignant aux collégiens de troisième du collège " Gabriel de la Gorce " vécu par un enfant de 11 ans à cette époque douloureuse de la déportation.


Il a accepté l'invitation de Carole Fauquet, infirmière du collège, et de Blandine Drain et Olivier Richerateaux, professeurs d'histoire et géographie.
Né à Paris de parents juifs émigrés de Pologne, Jacques Saurel a été déporté à l'âge de onze ans avec sa mère, sa soeur et son petit frère. Ils transiteront d'abord à Drancy avant d'être déportés au camp de l'étoile de Bergen-Belsen. Si sa famille n'a pas été inquiétée auparavant, c'est parce que son père, engagé volontaire en 1939 et fait prisonnier en 1940, leur a fait bénéficier de la convention de Genève qui stipulait qu'ils n'étaient pas en mesure d'être arrêtés.
Mais ils furent victimes d'une rafle début février 44 et internés trois mois à Drancy avant de partir pour le camp allemand. Auparavant, tout jeune, Jacques Saurel avait déjà pris conscience de l'antisémitisme régnant lorsqu'il avait dû porter une étoile jaune sur ses vêtements.
La situation s'est dégradée avec l'avancée des alliés et le jeune Jacques et sa famille ont connu la famine et les épidémies. Une période difficile pour un enfant dont, aujourd'hui encore, il a du mal à parler.
Au moment de la libération, il a encore connu les affres de la mort avec le typhus et l'errance dans le " Train Fantôme " dont la moitié des 2 000 juifs évacués du camp de l'étoile ont péri dans cette expédition.
Si sa famille est sortie vivante de l'horreur, il n'en n'a pas été de même pour le reste de ses proches, notamment ses grands parents paternels, ses oncles et tantes qui ont disparu pendant la Shoah autant en France qu'en Pologne. Il a retrouvé son père en juin 45 à l'hôtel " Lutétia " à Paris.
De cette confrontation à l'horreur, si jeune dont il a réchappé, il ne sait comment, Jacques Saurel s'est forgé une passion : la vie.
Après ce témoignage, un dialogue avec les collégiens et de nombreuses questions ont été posées démontrant que les jeunes restent interloquer par ces moments dramatiques.



Journal de Montreuil



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